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29/01/2009

Nouvelles en famille - 14 février 2009

Nouvelles en famille - 14 février 2009

Sommaire

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Le mot du Père Général

basilique St-Paul hors les murs

Annoncez les hauts faits du Seigneur

Le Conseil de Congrégation s’est tenu à Rome du 21 au 31 janvier, première étape de la mise en œuvre du projet dévoilé dans la Nef de janvier. Au lieu de 12 membres dans le précédent Conseil, nous n’étions que huit. Et nous avons constaté qu’un nombre restreint facilite le travail, les échanges et la prise de décision.
Mais le plus intéressant, ce fut l’expérience de narratio fidei qu’ont accompagnée pour nous deux prêtres du diocèse de Padoue. Avant de parler des religieux, des communautés, des œuvres et des problèmes de la Congrégation, nous avons pris quatre jours pour parler de nous-mêmes et de notre expérience de foi. Car ceci est bien l’unique nécessaire, le fondement de notre appartenance à Bétharram, notre raison de vivre, d’agir et de mourir. Je pense que l’avenir de notre famille se joue là, car ce dont nous avons le plus grand besoin, c’est de raviver en tout religieux la flamme de sa vocation. Comment se peut-il qu’on ait honte de partager son expérience du Christ, lui qui est tout pour nous ? Et si nous sommes incapables de dire ce que nous vivons, deux questions me viennent à l’esprit : qu’est-ce qui fonde notre vie ensemble ? de quoi parlons-nous dans notre mission ?
En général, quand il s’agit de parler ou de prêcher, nous avons un langage théorique et rationnel, lequel, comme on le constate souvent, a du mal à atteindre les gens. Ceux-ci le supportaient, quand tout le monde était chrétien. Aujourd’hui, si on veut être écouté, il faut prêcher davantage sous forme narrative, en recourant aux témoignages et expériences : le style kérygmatique. En suscitant l’intérêt par le récit vivant de mon expérience de Jésus, j’étonne, je réveille, je donne envie à d’autres de rencontrer eux aussi le Christ. C’était d’ailleurs sa propre méthode : Tous étaient étonnés de son enseignement, parce qu’il les instruisait comme quelqu’un qui a autorité, et non comme les scribes. (Mc 1,22)
L’expérience de foi n’est pas quelque chose de théorique. Nous rencontrons Jésus dans les événements et les personnes avec qui nous vivons. Ou plutôt, Dieu ne rencontre pas l’homme dans un livre, une idée, ni même dans les lieux réservés au sacré, Dieu rencontre l’homme dans les événements de sa vie et l’épaisseur de son histoire. Aussi, la foi est expérience concrète de Dieu dans une existence. Fondamentalement, elle n’est pas savoir, elle est salut. Et ce n’est possible que lorsque la rencontre de Dieu se fait dans le vécu total d’un homme ou d’une femme, dans le temps, l’espace, le tissu des relations, les limites personnelles, la mort. C’est là que survient le salut : la rencontre de Dieu avec l’homme. La Bible fourmille de récits décrivant ces expériences, par exemple les vocations de prophètes, les psaumes et tant d’autres.
Je viens de lire deux récits de conversion qui m’ont frappé ; dans un monde sécularisé, ils témoignent que Dieu continue d’aller à la rencontre de l’homme, qu’il ne cesse d’exciter une fermentation incessante dans les cœurs, comme dirait saint Michel. Le premier est de Maurice Caillet : "J’étais rationaliste, franc-maçon et athée. Je n’étais pas non plus baptisé, mais comme ma femme Claude était malade, nous avons décidé d’aller à Lourdes. Tandis qu’elle était aux piscines, le froid m’a obligé à me réfugier à la crypte où j’assistai, avec intérêt, à la première messe de ma vie. À la proclamation  de l’Evangile, quand le curé a dit : ‘Demandez et vous recevrez ; cherchez et vous trouverez ; frappez et on vous ouvrira’, un choc terrible s’est produit en moi, car c’était la phrase que j’avais entendu le jour de mon initiation maçonnique, et j’avais coutume de la citer quand, déjà Vénérable, j’accueillais les initiés. Dans le silence qui suivit, vu qu’il n’y avait pas d’homélie, j’ai entendu clairement une voix qui me disait : ‘Bon, tu demandes la guérison de Claude, mais qu’est-ce que tu donnes ?’ Aussitôt, sûr d’avoir été apostrophé par Dieu lui-même, je n’avais que ma personne à lui offrir."
L’autre récit vient de Mercedes Araoz : marxiste pure et dure dans sa jeunesse, elle militait à la Ligue communiste révolutionnaire/ Député socialiste de 1986 à 2000, date de son arrivée au sénat, elle fut la parlementaire la mieux élue en 2004, avec 1,6 million de votes en sa faveur à Barcelone. En  novembre 2007, elle quitta son fauteuil de sénatrice socialiste en annonçant sa conversion au christianisme : "J’ai deux fils. À la maison, je les ai toujours éduqués dans les valeurs de la gauche marxiste. Le plus jeune, après la rencontre des Petits Frères de l’Agneau, s’est converti au christianisme. Mon fils… difficile d’en parler maintenant… a été l’instrument de… la Grâce de Dieu !... Il a participé aux Journées Mondiales de la Jeunesse en l’an 2000… Cet été-là, j’avais lu un article d’une journaliste de gauche qui mettait le projecteur sur ces rencontres romaines, l’affluence des jeunes. Qu’arrivait-il à la gauche, où étaient passés ses idéaux, pourquoi était-elle incapable de rassembler ?... À la fin de cette année, j’ai entendu l’appel de Dieu. Maintenant, ça va, Mercedes ! Je ne me souvenais même pas du Notre Père ! C’est comme ça que j’ai commencé mon chemin. Je me suis formée en reprenant tout à la base, en lisant Ratzinger. "
Devant de tels récits, nous ne pouvons taire ce que chante le Psaume 105,1-5 : Rendez grâces au Seigneur, proclamez son nom, annoncez parmi les peuples ses hauts faits ; chantez et jouez pour lui, redites sans fin ses merveilles… Cherchez le Seigneur et sa puissance, recherchez sans trêve sa face ; souvenez-vous des merveilles qu’il a faites, de ses prodiges, des jugements qu’il prononça !

Gaspar Fernandez,SCJ


Conseil de Congrégation, Rome 2009: l'essentiel

Conseil de Congrégation, Rome 2009

Le 21 janvier à la Maison générale, en présence de son Conseil et des Supérieurs des Régions Saint Michel (P. Graziano Sala), Père Etchécopar (P. Gustavo Agin) et Bse Mariam (P. Austin Hughes), le P. Gaspar Fernandez a ouvert le XVIIe Conseil de Congrégation.

Intervention du Supérieur général

Dans son allocution, le Supérieur général a décrit la réorganisation voulue par le Chapitre 2005 comme un temps de grâce: « parce que ce changement est nécessaire pour arriver à plus d’unité et de communion, à tous niveaux et à tous égards » ; parce que sa mise en place, se fait selon le calendrier fixé à Bangalore et avec la connaissance du terrain permise par la visite canonique de toutes les communautés ; parce qu’elle est « l’occasion de raviver la flamme de notre vocation et à partir de là, de renouveler la vie et la mission de chaque religieux et de toute la Congrégation. »
Pour accompagner ce mouvement, le Supérieur général a énoncé plusieurs priorités : former d’authentiques communautés autour du Projet communautaire-apostolique ; retrouver le rôle d’animation des supérieurs ; relancer la pastorale des vocations et la coopération missionnaire, arriver à un réel partage des biens entre Religieux de la Congrégation, afin que tous aient une vie digne et travaillent bien à la mission de la Congrégation. Enfin, le P. Gaspar a rappelé que, dans la mise en œuvre, il faudra veiller à écouter les religieux, à accompagner les communautés, à faire preuve de patience, de respect et de progressivité… Ainsi était fixée notre feuille de route.

Expérience de la "Narratio Fidei"

Avec l’aide de deux prêtres de l’Institut Saint-Luc (diocèse de Padoue), nous avons échangé sur notre expérience personnelle de foi avant de parler de la Congrégation. Cela a contribué à un renouvellement intérieur nécessaire pour exercer notre service de responsabilité.
Ces échanges ont porté sur trois niveaux : expérience humaine ; expérience de foi en Jésus Christ ; expérience d’Église. Ils ont permis de dégager des points d’attention pour raviver notre foi au niveau personnel et de Congrégation.
Pour que chaque religieux progresse dans sa vocation, des points d’attention ont été proposés, entre autres: accueillir son humanité et celle de ses frères; éduquer à une prière ancrée dans la vie; être accompagné personnellement;    renforcer la communion autour du supérieur et de lieux de dialogue et de révision communautaire; proposer des temps de renouvellement spirituel et humain, sur la base des recyclages et de la pédagogie ignacienne...

Travaux et décisions

Après le tour d’horizon des trois Régions et la présentation détaillée des points-clés de la Règle de Vie, le Conseil est entré dans sa phase opérationnelle.
Projet de Directoire - le Supérieur général a présenté un vade mecum pour aider les Supérieurs régionaux et de Vicariat à l’animation. Un travail de correction a été accompli en vue d’une rédaction finale qui sera présentée aux Conseils régionaux en avril 2009 à Bethléem.
Formation - Des précisions ont été données sur l’année de préparation à la profession perpétuelle et la session internationale. Considérant les quatre expériences précédentes, les difficultés de visa, les coûts de voyage élevés et le risque de dispersion qui détourne de l’essentiel, à savoir la préparation spirituelle aux vœux perpétuels, il a été décidé : 1) avant la profession perpétuelle, une session de quarante jours à Bétharram sur les pas de saint Michel. 2) Dans les cinq premières années de ministère, un recyclage en Terre Sainte.
En réponse au désir du Chapitre général, l’année dégagée est étudiée en fonction de chaque personne dans un discernement entre le Maître des scolastiques et le Supérieur régional. Au cours de cette année, l’accompagnement du jeune est un élément à soigner particulièrement.
Pastorale des vocations – Elle est une priorité pour tous les Religieux. Les Supérieurs de Régions et de Vicariats s’engagent dans la proposition d’initiatives. Dans chaque Vicariat un religieux est désigné pour offrir des expériences vocationnelles aux jeunes.
Coordination missionnaire - Le Conseil remercie et encourage tous ceux qui donnent de leur temps et de leurs biens pour soutenir Bétharram en mission. Après la Thaïlande en 2008, un intérêt particulier sera porté  cette année à la Côte d’Ivoire. Pour le cinquantenaire de notre présence, nous voulons sensibiliser les religieux et les communautés à des projets en ce pays*. Le P. Bruno Ierullo coordonnera cette initiative, chaque vicariat étant invité à intensifier l’intérêt à la dimension universelle de la mission.
La rencontre des Conseils régionaux (21 avril-7 mai 2009 à Bethléem) - Les quatre premiers jours seront consacrés à l’expérience de la "narratio fidei". Après quoi, seront abordés les sujets suivants: le charisme ; la communauté (et le projet communautaire-apostolique) ; le rôle du supérieur ; la Règle de Vie ; la régionalisation ; l’économie ; la pastorale des vocations ; la formation ; l’animation et la coordination missionnaires
L’économie de la Congrégation - À notre travail de réflexion se sont joints toute une journée M. Pirovano et Mme Cavazzini, membres du Bureau d’Économat Général. Dans le contexte de régionalisation ont été étudiées les procédures pour un plus grand partage des biens au niveau de la Congrégation.

Devant le Supérieur général, au cours de la célébration eucharistique du 30 janvier, les Supérieurs régionaux ont émis la profession de foi et le serment de fidélité comme demandés par la Règle de Vie.
Le 31 janvier, M. Villelongue, directeur de la communication et du développement de la Société St-Vincent de Paul (Paris) était l’invité du Conseil. Il a ouvert des pistes de réflexion et d’action pour renforcer le soutien à nos missions. En fin d’après-midi, le Conseil de Congrégation s’est  achevé en se donnant rendez-vous à Bethléem, avec les Supérieurs de Vicariats, au printemps prochain.

 


nef-etchecopar.jpgLe Père Auguste Etchécopar écrit... à sa sœur Julie, le 13 février 1872

Un mot seulement. Il faut aimer beaucoup la Sainte Vierge, lui remettre souvent notre âme toute entière avec toutes misères sans nombre et sans fond, la regarder très souvent ; c’est notre étoile dans les orages, notre planche dans nos naufrages, notre arc-en-ciel, après nos ingratitudes, notre échelle, après nos chutes, notre porte pour entrer au ciel. Donc : la regarder, l’aimer, collés à elle ; malgré tout et toujours !...

Ô Marie votre miséricorde est large comme la terre, dont vous secourez tous les habitants ; profonde comme l’enfer, dont vous arrachez tant de pécheurs ; longue plus que tous les crimes, que toute la malice des hommes ; haute comme le ciel où vous introduisez tous ceux qui espèrent en vous…


Tout est don pour l'Amour

Au cours de la retraite de début d’année, le Père Mauro, maître des scolastiques d’Amérique latine, a prononcé cette méditation. C’était le 23 janvier, au Centre de formation des agents pastoraux de Brumadinho (Brésil).

Première Messe du P. Mauro

Une relecture personnelle du n°23 des Exercices spirituels de Saint Ignace, le Principe et fondement, pourrait donner ce qui suit: “L’homme est créé pour aimer, et dans l’Amour il trouve son vrai bonheur. Tout ce qui existe d’autre dans l’univers a été créé pour aider l’homme à aimer. Par conséquent, l’individu doit profiter ou renoncer à tout ce qui est créé, dans la mesure où ces réalités l’aident ou non à se rapprocher de l’Amour. De là vient la nécessité de se rendre indifférents à tout, ne désirant pas plus telle chose que telle autre, ne choisissant et ne s’autorisant que ce qui l’aidera davantage à aimer. »
En cette première semaine d’existence du scolasticat de la Région P. Etchécopar, la liturgie nous propose de méditer l’évangile de Marc3,13-19. Dans ma prière, j’ai été interpelé par le fait que Jésus ait pris Judas Iscariote parmi ses disciples. Je me suis dit: Judas était l'un des Douze, il a reçu un appel particulier, personnel, de Jésus qui a choisi qui il a voulu... alors ...  d’une certaine façon, Judas a reçu de l’Amour-Jésus une vocation particulière... Toutefois, dans sa liberté, il l’a refusé et a livré le Fils de l'homme pour qu’il soit crucifié. En faveur de Judas, précisons qu’il y avait déjà des persécutions… qui pourrait donc lui jeter la première pierre?
La communauté du scolasticat est très bien installée. Les Sœurs sont aux petits soins ; les religieux du Vicariat nous manifestent leur soutien par tous les moyens. Nous avons un excellent groupe d’étudiants, jeunes, responsables, remplis d’un enthousiasme contagieux…
Mais je ne peux nier une certaine inquiétude. Dans mon cas, elle est le fait de ma récente ordination presbytérale, qui me projette vers un horizon inconnu. La mission de formation n’est pas nouvelle pour moi, mais elle prend désormais une autre dimension: guider des jeunes religieux qui ont fait un choix de vie fondamental. Cela m’invite sûrement à moins d’autorité et plus de fraternité.
De la part des scolastiques, il me semble qu’ils marchent d’un pas décidé, mais je crois déceler aussi quelques préoccupations. Il y a eu d’abord les examens d’entrée en faculté de théologie, qu’ils ont tous réussi. Puis ce furent les retards dans l’aménagement du scolasticat, à cause des intempéries. Enfin les expectatives quant à la vie de communauté, aux études, au travail apostolique, et – pourquoi ne pas le dire ? – au formateur lui-même, sont sources de combats intérieurs.
Toutes les réalités sont créées… en toute hypothèse, Dieu nous a permis de faire face à ces situations. Et nous ne pouvons qu’y reconnaître Sa volonté, y voir autant d’occasions de nous approcher de Son Amour. Je ne demande qu’une chose : que Dieu nous donne de répondre du mieux possible à l’appel particulier reçu de Jésus.

Mauro Ulrich de Oliveira,SCJ

Ordination du P. Mauro

Passa Quatro, 11 janvier 2009 - C’est l’été au Brésil, les fruits mûrissent. Une procession joyeuse, accompagnée par la fanfare locale, avec un diacre en dalmatique dorée, s’avance sur les rues empierrées du village. Tout est fête ! L’évêque entre dans l’église, comble de fidèles noyés dans les fumées d’encens. La rumeur enfle: Oui, c’est bien lui: le Frère.!...
C’est vrai, il ne cessera jamais d’être un frère, mais le moment est venu de dire oui, car il a été saisi par le Christ-Souverain Prêtre. Jésus, l’Eglise ont fait surgir en lui une vocation sacerdotale insolite pour beaucoup, mais pas pour lui. Mauro a mûri son choix pendant un an. Obéissant à ses Supérieurs, il a eu l’intime conviction qu’à 45 ans, il pouvait répondre à leur appel en toute liberté. Et l’adorable volonté de Dieu, capable de bouleverser les projets des hommes, a suscité en lui cette réponse de foi et d’humilité: Me voici!
Un Bétharramite reste un homme - en l’occurrence, un frère doté de qualités qui enrichissent son sacerdoce. Outre le fait qu’il est architecte, licencié en théologie et diplômé de l’école des formateurs, Mauro est un jeune prêtre plein d’espérance et de sens du service, en bon Bétharramite. En cette époque de mutations, sa disponibilité nous encourage à rester ouverts, prêts à relever les défis de la famille de Bétharram. Merci, Mauro, et merci à l’Église de nous donner, pour la mission, un prêtre selon le Cœur de Jésus. (Gustavo Agin,SCJ)


Tempête... de l'Esprit?

Emmanuel Congo - Pibrac, 24/01/2009En France, le samedi 24 janvier 2009 restera dans les mémoires pour une tempête avec des rafales de vent allant jusqu'à 180km/h. Sept départements était placés en vigilance rouge dont la Haute-Garonne (la région de Toulouse) dans lequel se passait un grand événement : mon ordination diaconale !
Inutile de dire tout le stress que  nous avons eu. Le vent a commencé à souffler vers 4h du matin et a atteint son maximum vers 13h. Partout, c'était presque l'apocalypse : arbres déracinés, routes coupées, toitures emportées... Un arrêté préfectoral a même interdit la circulation et les pompiers ne cessaient  d'intervenir. Mieux vaut prévenir que guérir!!!
Pour ne pas faire les choses à moitié, il y a eu coupure d'électricité et de téléphone dans une partie de Pibrac, celle où se trouve l'église. Quelques paroissiens ont commencé à se poser des questions : devait-on maintenir la célébration de l'ordination? Difficile de répondre, d’autant qu’on n’avait plus l'internet pour consulter la météo.
Et miracle!! vers 16h, le vent se fait moins fort (sûrement le Seigneur avec sa brise légère, même s’il y avait eu déjà beaucoup de dégâts). 16h15, autre surprise... la délégation de Bétharram arrive. Elle a bravé la tempête. Saint Michel a dû être fier de ses fils : "en avant toujours" même face aux vents contraires... 16h20, L'évêque est là. L’équation devient toute simple : évêque + ordinand = ordination. L'essentiel est réuni. Comme les  trains ne roulent pas et que les téléphones portables fonctionnent, Hyppolite et Alfred font le taxi pour les Sœurs de Notre-Dame de la paix et quelques amis ivoiriens bloqués à Toulouse.
16h45, je me rends à l'église où m’attend une nouvelle surprise : la chorale ivoirienne de Toulouse est là en grand nombre, et  la nef est à moitié pleine (je suis optimiste). Des instrumentistes sont là, avec la chorale de Pibrac, ainsi que trois diacres et quelques dizaines de prêtres. Un groupe électrogène est généreusement prêté par la municipalité de Pibrac. Que demander de plus? Que dire aussi?
Nous avons eu une très belle célébration, l'émotion et la joie étaient au rendez-vous. Mon cousin et son épouse étaient venus de Paris. Bien que musulmans ils ont ressenti quelque chose... La fête a continué par un buffet dans les salles du prieuré ; avec les lumignons, c'était mignon, puis le groupe électrogène a pris le relais. On a tous chanté et dansé au son des tam-tams sur des airs de Côte d'Ivoire...
En résumé, le vent de l'Esprit a été le plus fort. Je vous demande de prier pour toutes les victimes de cette tempête. On a dénombré 4 décès en France et, en Espagne, 6 enfants sont morts. Une fois de plus, merci pour vos prières et pour tous ceux qui ont tenté de me joindre sans succès, vu que je n’avais plus de batteries. C'est l'intention qui compte. Encore une fois, priez pour moi et soyez assurés de mes prières.

Emmanuel Congo Winonga,SCJ

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Mon expérience au Centre Sainte-Élizabeth

À la fin de sa première année d'études en Angleterre, un jeune religieux indien, le Fr. Wilfred, a passé du temps, cet été, dans un Centre spécialisé. Il revient pour nous sur cette expérience.

Sainte Élizabeth est l’un des centres nationaux pour personnes atteintes d’épilepsie et d’autres troubles du comportement. Situé près de Bishop-Stortford dans le Hertfordshire, le centre fut fondé en 1903 par la Congrégation des Filles de la Croix de Liège. Sa vocation principale est d’accueillir toute personne, sans distinction de croyance, de culture ou d’appartenance ethnique, pour lui assurer une existence et une éducation épanouissantes. Le centre comporte une école spécialisée pour 687 pensionnaires ainsi qu’un programme de réadaptation sur trois ans pour jeunes de 18-25 ans, et un établissement de soins pour adultes en maisonnées.
J’étais en service auprès des enfants en difficulté scolaire. Le premier jour, j’ai été reçu par Sœur Annette, la responsable du centre. Finalement, après avoir discuté avec elle, j’ai été envoyé à la classe S7 qui comprend 7 élèves, le chiffre parfait. Une fille se détachait du groupe, elle pouvait s’exprimer et comprenait bien, contrairement aux autres ; certains comprenaient ce qu’on disait mais n’arrivaient pas à parler ;  tous avaient besoin d’être soutenus, encouragés et aimés.
Le premier jour je les ai accompagnés au centre sportif de Chelmsford où ils avaient une journée libre pour la détente et les activités de plein air. Ce premier contact fut déconcertant pour moi, et sûrement pas évident pour les enfants. Ma tâche principale était de m’occuper des garçons.  J’ai bien aimé d’être avec le groupe ; et les jeunes m’ont vite accepté. La classe avait un professeur confirmé et deux assistants, plus quatre stagiaires de différents pays dont je faisais partie. Mes collègues m’ont appris à connaître les élèves et ont guidé dans mes premiers pas. Les animateurs de la S7 faisaient preuve de dévouement et d’affection pour les enfants qui leur étaient confiés. Ainsi nous avons pu leur faire faire des activités telles le canoë, la natation ou le trampoline. Nous les avons aussi aidés aux cours de dessin, de lecture, de calcul et de cuisine. Tout cela demandait esprit de sacrifice et patience. J’ai apprécié le dévouement des stagiaires et leur capacité à gérer des enfants qui ont besoin de soins et d’attentions particulières. Personnellement, j’ai appris à m’adapter à ce monde nouveau pour moi, et à le faire avec chaleur humaine et amour.
J’ai beaucoup apprécié le travail réalisé par le Centre Ste-Elisabeth et la Congrégation des Filles de la Croix de Liège. Les sœurs de la communauté, notamment Sr. Annette, ont été pleines d’attentions pour moi, et m’ont encouragé pendant tout mon séjour. Cette  insertion d’été a été à bien des égards une révélation, car elle m’a ouvert les yeux sur mon être véritable. Les enfants, le personnel si dévoué, m’ont fait sortir de  ma réserve, ils m’ont appris m’ouvrir pour recevoir et pour donner de l’amour, en toute circonstance. À l’exemple de saint Michel, j’ai toujours essayé d’être heureux et de partager aux autres le même bonheur. J’ai senti que cette expérience était un cadeau de Dieu dans ma vie.


Wilfred Poulose Perepadan,SCJ


5 minutes avec... le Frère Fiorenzo

50 ans de vie religieuse

Du 21 décembre au 19 janvier, le Frère Fiorenzo Trivelli a quitté la via Brunetti, siège de la Congrégation, dont il est un "pilier". Ce fut le prétexte tout trouvé à une rencontre... fraternelle.

Nef - Frère Fiorenzo, depuis quand êtes-vous dans la Congrégation?
- Je suis entré à l’apostolicat (petit-séminaire religieux, ndlr) de Colico en 1954, à 14 ans.

Vous connaissiez déjà la Congrégation?
- Non pas. Quand j’ai senti poindre en moi la vocation, j’en ai parlé au curé de mon village, Bene Lario; mais ma famille n’avait pas les moyens de m’envoyer au petit-séminaire. Un jour, un Père de Bétharram, le P. Giovanni Gavazzi, est venu prêcher pour Notre-Dame du Rosaire, la fête patronale; le curé m’a mis en contact avec lui, et c’est ainsi que je suis arrivé dans la famille de Bétharram.

Comment naît une vocation de religieux-frère?
- Franchement, je me suis senti très bien à l’apostolicat, et je me suis mis à aimer Bétharram et la vie menée par les clercs et les prêtres; j’ai compris alors que ma place était là. En parlant avec le P. Marco Gandolfi, vu ma personnalité, j’ai pensé que le mieux pour moi était de me faire religieux-frère. C’est ainsi que j’ai fait le noviciat à Monteporzio en 1957-1958, puis mes premiers vœux, le jour même de Noël : je viens tout juste d’avoir 50 ans de vie religieuse!

Comment les avez-vous vécus?
- 50 ans, ça fait beaucoup mais ça passe vite. J’ai toujours cherché à servir la Congrégation, à travers diverses tâches dans les communautés: le travail de la vigne à Monteporzio – on y faisait du très bon vin – la sacristie au Sanctuaire de La Caravina... et autres services partout où mes supérieurs m’ont nommé.
N’y a-t-il pas une étape importante que vous voudriez évoquer? - Oui, quand je suis parti en Argentine en 1969 où j’ai passé 5 ans inoubliables. Dans l’intérieur du pays – Entre Rios – le P. Trabucchi s’occupait de la paroisse d’El Cimarron, le village où se trouvait le pré-apostolicat. C’était un pays rural avec d’humbles gens. Je m’y suis senti très bien, et très utile: je faisais un peu de tout. J’ai vécu en communauté avec les PP. Rovegno, Erobaldi et le Fr. Ascencio Dri. Cett expérience a profondément marqué ma vie, au point que j’ai été surpris quand à la fin de congés en Italie, mes supérieurs m’ont demandé d’y rester. Il y avait besoin de quelqu’un à Monteporzio... Mais j’ai toujours rêvé de revenir un jour en Argentine.

Pendant toutes ces années, voyez-vous des changements dans la Congrégation?
- Oui, beaucoup. Dieu merci, ils ont été positifs, surtout en ce qui concerne les relations  entre Supérieurs et Religieux et entre Religieux même. Je constate qu’il y a plus d’esprit de famille entre nous. Cela, je le ressens particulièrement à la Maison générale, où je réside depuis six ans: en communauté, il y a plus de communication et plus de joie. Un autre changement: la Congrégation me paraît plus ouverte à l’esprit missionnaire. Ça me plait de voir passer à la Maison générale des religieux de tous horizons (Thaïlande, Inde, Afrique, Amérique...); ça montre comment la famille de Bétharram est présente en beaucoup d’endroits pauvres et humbles.

Aujourd’hui, proposeriez-vous à un jeune de devenir religieux-frère?
- Bien volontiers... s’il connaissait Saint Michel et la Congrégation, il verrait qu’il ne le regretterait pas! Car comme Frère, dans la Congrégation, il aurait sa place et pourrait y être heureux.

Comment avez-vous fêté vos 50 ans de vie religieuse?
- J’ai été comblé par le cadeau qu’on m’a fait. J’avais toujours désiré remettre les pieds en Argentine, surtout à El Cimarron. Ce fut très émouvant de me trouver, la nuit de Noël, avec la communauté de Rosario, dans une chapelle bondée, pour rendre grâces au Seigneur de tant d’années de vie religieuse. Il y a des choses qu’on ne peut expliquer. À mon arrivée à El Cimarron, j’étais très ému de rencontrer des hommes que j’avais connus enfants. Quelle émotion de parcourir, à 40 ans de distance, les lieux où j’ai vécu! Ce fut aussi très fort de revoir les confrères que j’avais connus, et de visiter nos communautés d’Argentine.

Un mot de conclusion?
- Pour finir, je suggère aux Religieux et aux laïcs bétharramites de redire souvent les mots de Saint Michel: “Me voici. En avant, en avant toujours!”



IN MEMORIAM Italie

+ P. Pierino Donini (1923-2009)

Né à Desco, province de Sondrio, le 7 octobre 1923, le P. Pierino Donini a commencé son postulat à Colico en 1938. La guerre l’empêche de rejoindre la France pour le noviciat : il est donc initié à la vie religieuse à Rome, où il prononce ses premiers vœux en 1942. Six ans plus tard, avec les Pères Celestino et Luigi Gusmeroli, Anselmo Ghezzi et Clemente Albusceri il sera des premiers Bétharramites italiens ordonnés dans leur pays.
Aussitôt prêtre, il effectue son premier ministère en 1948 comme enseignant et secrétaire au collège de Colico. Il continue sa mission d’enseignement à Gravedona, dont il rejoint la communauté en en 1957 comme supérieur.
En 1962 on lui confie la paroisse Sainte-Rose de Viterbe à Rome. Il y restera jusqu’en 1997, comme responsable de la communauté et curé. En un quart de siècle, le P. Pierino a marqué profondément la communauté chrétienne du quartier. Avec constance et énergie, il y fait bâtir la nouvelle église paroissiale, tout près de celle des Filles de la Croix.
Après un passage à la résidence romaine des Miracoli (1997-2000), il est nommé curé de la paroisse d’Orvinio (Rieti). Il se dévouera à cette charge jusqu’à ce que la mort l’emporte.
Dans les années 70, don Fernando, curé d’Orvinio, avait légué à la Congrégation un terrain sur lequel fut construit le centre de vacances des « Pratarelle ». Très vite, le P. Pierino a pris cette œuvre très à cœur ; au fil des ans, il en a fait un agréable lieu d’accueil familial.
Nous confions le P. Pierino à l’intercession de Notre-Dame de Bétharram et de notre père saint Michel. Qu’ils l’accueillent dans la Maison du Père pour y goûter un bonheur sans fin.


 

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1929-2009

BÉTHARRAM EN CÔTE D'IVOIRE

Notre Congrégation a fait ses premiers pas en Côte d’Ivoire il y aura bientôt 50 ans. Le récit de cette aventure nous accompagne tout au long de cette année jubilaire. Nous le devons au P. Laurent Bacho, conseiller général et formateur près d’Abidjan.

2. LE RENFORCEMENT

« La Providence ne procède pas par de magnifiques avances et de superbes proclamations…. Elle commence par un petit berceau et un petit Enfant… » (saint Michel Garicoïts, DS 184) Nos trois Pères en font l’expérience, à la fin de cette première année, ils participent à la retraite et à une session théologique pour missionnaires dans le nouveau grand Séminaire qui vient d’ouvrir à Anyama, prés d’Abidjan avec les Pères Eudistes. Le 7 août 1960, explosion de joie à Abidjan : c’est la proclamation de l’Indépendance de la Côte d’Ivoire. En passant à Bouaké, ils font un détour pour visiter le nouveau monastère bénédictin, fondé quelques mois auparavant par les moines de Tioumliline (Maroc).
En octobre 1960, c’est l’ouverture de la deuxième classe, une 5° ; les deux classes regroupent 52 élèves. Le 24 mars 1961, c’est la joie d’accueillir le premier visiteur de Bétharram, le P. Jean Matéo, supérieur provincial, lui qui a été à l’initiative de cette œuvre. Il s’émerveille de la proximité des Pères avec les élèves, une grande familiarité déjà au bout de 18 mois de présence. Il admire l’engagement des trois religieux à la paroisse de Ferké, comme dans les lieux où n’existent pas encore de paroisse. Pour les grandes fêtes, le P. Jean Suberbielle est le « curé » du Parc national de Bouna et le P. Pierre Monnot d’Odienné. Le P : Provincial les encourage à vivre « l’immensité de la charité » dans l’enceinte du Cours Normal tout en portant le souci des chrétiens qui n’ont pas encore de pasteurs ou des animistes qui ne connaissent pas Jésus-Christ.
Conscient qu’un grand champ d’apostolat s’ouvre à Ferké, dès son retour, le P. Matéo désigne le P. Léon Minaberry, ordonné l’année précédente, à se joindre aux « trois fondateurs » de Ferké. Il y est présent en octobre 1961 pour l’ouverture de la troisième classe, cela donne un effectif de 70 élèves. Au cours des vacances, les Pères ont organisé des sessions pédagogiques pour les instituteurs du diocèse ; eux-mêmes e ont profité pour parfaire leurs connaissances du milieu africain chez les Frères des Écoles Chrétiennes de Toussiana en Haute Volta, des experts en éducation scolaire. Le benjamin de la communauté se lance très vite dans l’encadrement des Cœurs Vaillants de la paroisse ; une veillée, organisée par les enfants sur le parvis de l’église, enchante pour la première fois les chrétiens avant la messe de la nuit de Noël. Au cours normal Saint-Michel, est venu le temps de lancer des initiatives pédagogiques, les 18 élèves de 4ème vont passer 2 jours dans la réserve de Bouna pour s’initier au respect de la nature.
En octobre 1962, c’est le plein effectif avec la quatrième classe, 85 élèves avec un nouveau religieux-prêtre envoyé par la Province : le P. Beñat Segur, récemment ordonné. La congrégation compte tellement sur Ferké que l’année suivante un scolastique y est envoyé pour un stage (déjà) de 2 ans : le Fr. Pierre Foueillassar. Une étape importante de notre présence, c’est la première visite du Supérieur Général, le P. Joseph Mirande. Le centenaire de la mort de Saint Michel y est célébré à cette occasion ; le visiteur a apporté une statue de Saint Michel que nous conservons précieusement à Dabakala. Il est édifié par cette nouvelle fondation, lui qui était plutôt avare de louanges : «  Aucune difficulté n’arrête nos Pères, ils y font face avec la plus grande simplicité, ce qui est bien d’un missionnaire et d’un bétharramite. Bétharramite, l’œuvre l’est aussi parce qu’elle n’est pas notre œuvre…. Les nôtres  se dépensent, mais c’est pour le compte de la mission, de l’Évêque, donc en auxiliaires, en instruments, selon les mots chers à Saint Michel ».
En juin 1965, le P. Prévost est obligé de quitter la Côte d’Ivoire pour raison de santé ; il sera remplacé par le P. Gabriel Verley. Le 1er septembre 1965, c’est le grand branle-bas au Cours Normal : trois Filles de la Croix, accompagnées de leur Supérieure Générale viennent prendre le repas de midi. Elles viennent fonder un collège catholique pour filles à Korhogo, à 50 km de Ferké. Inutile de dire que Bétharram a chuchoté aux oreilles de Mgr Durrheimer que cette congrégation cherchait à revenir en Afrique après n’avoir pu séjourner que 7 ans après être arrivés au Congo Belge en 1954, à cause de problèmes politiques. Dix jours après, c’est le nouveau supérieur, le P. Verley, qui arrive. Le P. Ségure, lui, devra se rendre dès la Toussaint au petit séminaire de Katiola pour devenir professeur de mathématiques, tout en étant rattaché à la communauté.

Laurent Bacho,SCJ

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