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14/06/2017

Les premiers compagnons de Michel Garicoïts

Didace Barbé, un éducateur-né

Les premiers compagnons de Michel Garicoïts

Qu’il est difficile ce début de XIXe siècle, dans la France d’après la Révolution ! À tous points de vue…

Didace Barbé – Didace Casenave-Barbé, pour utiliser le nom complet – naît à Beuste, en Béarn, le 15 juillet 1813. Son père, Pierre, est charpentier ; sa mère, Catherine, ménagère et journalière, s’embauche au jour le jour au gré des besoins des voisines… L’enfant est baptisé le jour de sa naissance. Sans doute les parents ont-ils une foi vive. Pourtant ils ne se marient que le 31 décembre 1818 alors qu’ils ont quatre enfants ; Didace, le troisième de la fratrie, a presque six ans. Et son père meurt en 1819…

L’instruction élémentaire de Didace lui est donnée par son parrain, Didace Arague, instituteur. Dès l’âge de 9 ans, l’enfant devient instituteur ! C’est que l’oncle et parrain tient à donner une petite somme pour qu’il aide sa maman à élever son frère et ses sœurs. Dans le même temps, un prêtre retiré au presbytère lui enseigne le latin.

À 16 ans, le voilà au petit séminaire de Saint-Pé, que dirige un ami de Michel Garicoïts, Bertrand-Sévère Laurence (il sera l’évêque des apparitions de Lourdes). La première année, la famille pourvoit à sa nourriture ; une collecte auprès des Beustois paye les études. Ensuite un oncle verse 220 francs par an, et l’abbé Fourcade fait grâce du reste. En trois ans, Didace termine les études secondaires ; déjà il enseigne les plus jeunes.

Le supérieur le veut comme séminariste-professeur. Il suit les cours de théologie, que, de Bétharram, Michel Garicoïts vient donner ; et celui-ci devient son conseiller spirituel ! Naturellement, Didace désire rentrer à Bétharram ; la faveur lui est accordée par Mgr Lacroix après l’ordination presbytérale le 22 septembre 1838. Et, le 22 octobre 1842, il émet ses vœux de religion.

De suite, Michel Garicoïts destine Didace Barbé, éducateur-né, à l’enseignement. L’école de Bétharram, créée en 1837, manque de directeur. Vincent Éliçabide, un laïc, est parti au bout de deux ans : ses exigences financières dépassent les possibilités de Michel Garicoïts, il sera guillotiné en 1840 après un triple meurtre. Un an durant, Jean Lacazette est le deuxième directeur de l’école de Bétharram ; « poule mouillée », il ne sait décider… Heureusement, Didace Barbé est là ! Michel Garicoïts l’envoie se former à Dax : il obtient les diplômes que la loi exige. À l’automne 1840, toutes les autorisations obtenues, l’école peut même ouvrir un pensionnat.

Sous l’impulsion du père Didace Barbé, soutenu par son supérieur, l’école Notre-Dame se développe : en 1840, début du cours primaire supérieur ; en 1847, enseignement secondaire ; 1855 les premiers bacheliers : trois candidats, trois reçus ! La nouvelle Congrégation se lance dans l’enseignement : Orthez, Mauléon, Asson, Oloron ; bientôt Buenos-Aires et Montevideo.

Affirmer que le père Didace Barbé est un soutien du père Garicoïts, c’est peu dire ! En 1846, il est élu Conseiller ; en 1851, le voilà Assistant du supérieur, choisi par lui. Le père Miéyaa l’affirme : le fondateur « songeait à lui comme successeur ; et de son vivant même, il est prêt à lui céder sa place. »

En 1855, le père Auguste Etchécopar devient le confident du père Garicoïts, quand se dissout la Société des Hautes Études d’Oloron. Mais, déjà, le 16 octobre 1854, l’assemblée générale des prêtres de Bétharram a accepté d’aller en « Amérique méridionale ». Le père Didace Barbé est mis à la tête de l’équipe. Sans doute Michel Garicoïts aurait-il aimé partir : il y est prêt quand la sœur du père Barbé, Fille de la Croix, est désolée de voir son frère s’éloigner… Ils sont huit compagnons, le 31 août 1856, à s’embarquer à Bayonne. Le 4 novembre ils sont à Buenos Aires.

Ne connaître ni le pays ni la langue n’empêche pas le père Barbé de s’adresser aux enfants : il devient professeur de catéchisme ! Le 19 mars 1858, en la fête de saint Joseph qu’il chérit particulièrement, il transforme un vieux dépôt de cuir en établissement scolaire : le collège San José est né ! Un an après, jour pour jour, il s’installe dans des locaux tout neufs. Que manquent les manuels scolaires, il les crée avec l’aide de ses confrères. Qu’on exige des diplômes, lui et ses collaborateurs passent les examens avec succès.

Supérieur de la petite communauté, il n’empêche jamais l’effort missionnaire des pères Guimon, Harbustan et autres. Au contraire ! Déjà, à la fin 1856, il a créé un centre spirituel à Buenos Aires, dans l’église San Juan. En 1861, c’est en Uruguay et à Montevideo dans l’église des Basques, dédiée à l’Immaculée Conception. Ici aussi, un collège ouvre ses portes le 1er octobre 1867.

Son activité est sans limite, son dévouement aussi. On le voit à la chapelle, au dortoir, au réfectoire, en classe : partout ! Directeur de l’école et responsable de la communauté. Travaillant et priant. Homme de conseil pour les petits et les grands. Sa vie d’ascète rend fragile sa santé. Il lui arrive d’aller en classe sur des béquilles. Un jour, alors qu’il dicte son cours, il s’effondre ; emporté, inconscient, à sa chambre, il y meurt le 13 août 1869. Depuis six ans Michel Garicoïts l’a précédé.

Peut-être n’insiste-t-on pas assez sur ce qui lie le fondateur à ce disciple tant aimé ? Une correspondance abondante a existé entre eux, semble-t-il ; seuls des fragments ont été conservés. Selon le père Magendie, le père Barbé a détruit ces lettres, trop élogieuses à son égard…

Beñat Oyhénart scj

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