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14/07/2017

Un message de l'évêque de Rome

Pièges et défis

Un message de l'évêque de Rome

Lors d’une rencontre de prière au séminaire patriarcal de Maadi, au Caire, le 29 avril dernier, le Pape s’est adressé au clergé, aux religieux, religieuses et séminaristes, qui offrent un témoignage courageux de vie chrétienne « au milieu de tant de défis et, souvent, peu de consolations  ». Tant de défis, oui, en raison du contexte difficile dans lequel ils œuvrent dans la vigne du Seigneur. Mais les défis n’arrivent pas tous du dehors.

Et au milieu de tant de raisons de se décourager, et parmi tant de prophètes de destruction et de condamnation, au milieu de tant de voix négatives et désespérées, soyez une force positive, soyez la lumière et le sel de cette société  ; soyez la locomotive qui tire le train en avant, droit vers le but ; soyez des semeurs d’espérance, des bâtisseurs de ponts et des artisans de dialogue et de concorde.
Cela est possible si la personne consacrée ne cède pas aux tentations qu’elle rencontre chaque jour sur sa route. Je voudrais en relever quelques-unes, parmi les plus significatives. Vous les connaissez, parce que ces tentations ont été bien décrites par les premiers moines d’Égypte.

1. La tentation de se laisser entraîner au lieu de guider. Le Bon Pasteur a le devoir de guider le troupeau (cf. Jn 10,3-4), de le conduire jusqu’à l’herbe fraîche et à la source d’eau (cf. Ps 22). Il ne peut se laisser entraîner par la déception et par le pessimisme : «  Qu’est-ce que je peux faire ? Ÿ   » » Il est toujours plein d’initiatives et de créativité, comme une source qui jaillit même quand elle est asséchée ; il a toujours la caresse de consolation même quand son cœur est accablé ; il est un père quand les enfants le traitent avec gratitude mais surtout quand ils ne lui sont pas reconnaissants (cf. Lc 15,11-32). Notre fidélité au Seigneur ne doit jamais dépendre de la gratitude humaine : « Ton Père qui voit dans le secret te le rendra » (Mt 6,4.6.18).

2. La tentation de se plaindre continuellement. Il est facile d’accuser toujours les autres pour les manquements des supérieurs, pour les conditions ecclésiastiques ou sociales, pour les faibles possibilités… Mais le consacré est celui qui, par l’onction de l’Esprit Saint, transforme tout obstacle en opportunité et non pas toute difficulté en excuse ! Celui qui se plaint toujours est, en fait, quelqu’un qui ne veut pas travailler. C’est pour cela que le Seigneur, s’adressant aux Pasteurs, dit : « Redressez les mains inertes et les genoux qui fléchissent » (He 12,12 ; cf. Is 35,3).

3. La tentation du bavardage et de la jalousie. Et celle-ci est mauvaise ! Le danger est sérieux quand le consacré, au lieu d’aider les petits à grandir et de se réjouir des succès de ses frères et de ses sœurs, se laisse dominer par la jalousie et devient quelqu’un qui blesse les autres par son bavardage. Quand, au lieu de s’efforcer de grandir, il commence par détruire ceux qui sont en train de grandir ; au lieu de suivre les bons exemples, il les juge et diminue leur valeur. La jalousie est un cancer qui ruine n’importe quel corps en peu de temps : « Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut pas tenir. Si les gens d’une même maison se divisent entre eux, ces gens ne pourront pas tenir » (Mc 3, 24-25). En effet – ne l’oubliez pas –, « c’est par la jalousie du diable que la mort est entrée dans le monde » (Sg 2,24). Et le bavardage en est le moyen et l’arme.

4. La tentation de se comparer aux autres. La richesse est dans la diversité et dans l’unicité de chacun de nous. Nous comparer à ceux qui sont meilleurs nous porte souvent à tomber dans la rancœur ; nous comparer à ceux qui sont pires nous porte souvent à tomber dans l’orgueil et dans la paresse. Celui qui tend à se comparer toujours aux autres finit par se paralyser. Apprenons des saints Pierre et Paul à vivre la diversité des caractères, des charismes et des opinions dans l’écoute et dans la docilité à l’Esprit Saint.

5. La tentation du “pharaonisme” – nous sommes en Égypte ! –, c’est-à-dire de durcir notre cœur et de le fermer au Seigneur et aux frères. C’est la tentation de se sentir au-dessus des autres et donc de les soumettre à soi par vaine gloire ; d’avoir la présomption de se faire servir au lieu de servir. C’est une tentation commune, depuis le début, parmi les disciples, qui – dit l’Evangile – « en chemin, avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand » (Mc 9,34). L’antidote de ce venin est : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous » (Mc 9,35).

6. La tentation de l’individualisme. Comme dit le dicton égyptien bien connu: “Après moi le déluge”. C’est la tentation des égoïstes qui, chemin faisant, perdent le but et, au lieu de penser aux autres, pensent à eux-mêmes, n’en éprouvant aucune honte, au contraire, s’en justifiant. L’Eglise est la communauté des fidèles, le Corps du Christ, où le salut d’un membre est lié à la sainteté de tous (cf. 1Co 12,12-27 ; Lumen gentium, n. 7). L’individualiste, au contraire, est motif de scandale et de conflit.

7. La tentation de marcher sans boussole et sans but. Le consacré perd son identité et commence à être “ni chair ni poisson”. Il vit le cœur partagé entre Dieu et la mondanité. Il oublie son premier amour (cf. Ap 2,4). En réalité, sans avoir une identité claire et solide, le consacré marche sans orientation et, au lieu de guider les autres, il les disperse. Votre identité d’enfants de l’Eglise est celle d’être coptes – c’est-à-dire enracinés dans vos nobles et antiques racines – et d’être catholiques – c’est-à-dire partie de l’Eglise une et universelle : comme un arbre qui est d’autant plus haut dans le ciel qu’il est enraciné dans la terre  !

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