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14/04/2013

Nouvelles en Famille - 14 avril 2013

Nouvelles en Famille - 14 avril 2013


Sommaire

 

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Le mot du Supérieur général

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Des assemblées de vicariat (ici, Italie du Centre/Sud en 2010), et des chapitres régionaux, au chapitre général...

LE GOUVERNEMENT COLLEGIAL : LES CHAPITRES

L’Église, fondée par Jésus Christ à l’image de la Trinité est un Corps, un Peuple, une Assemblée, une communauté formée par tous ceux qui croient en Lui et ont reçu le baptême. Le défi majeur de ce Corps est de conserver l’unité dans le respect des diversités. De plus en plus aujourd’hui, l’Église est définie comme un mystère de communion missionnaire.

Cette valeur de communion se manifeste aussi dans la façon d’exercer l’autorité personnelle et collégiale : le Pontife romain et les conciles, le Pape et le collège des cardinaux, les évêques et les conférences épiscopales, les supérieurs et les chapitres. Nous avons là des instances de participation qui empêchent de faire que l’autorité devienne l’affaire d’une personne.
La tradition de la vie religieuse dans l’Église vit aussi de cette communion et participation. Elle se manifeste au niveau des communautés, des assemblées de vicariat, dans les chapitres régionaux comme généraux. Ainsi que le dit clairement notre Règle de Vie : « Le chapitre général, qui représente tous les religieux, est l’autorité suprême de la congrégation » (RdV 180).
Le chapitre général, qui se réunit tous les six ans, est un temps de grâce un “kairos” pour la congrégation. La Règle précise qu’il s’agit d’un évènement ecclésial (n° 180), puisque les décisions qui s’y prennent manifestent la vie et la mission de l’Église, mais également parce qu’il s’agit d’un évènement inspiré par l’Esprit Saint à travers la méthode qui lui est propre et qui est le discernement spirituel. C’est un temps fort et intense de spiritualité, de prière, de fraternité, de discernement et de joie spirituelle.
Autre dimension du chapitre général, la représentativité, qui exprime la participation de tous les religieux : « Signe d’unité et de charité pour tous les religieux de notre institut » (n° 180). Dans la nouvelle Règle de Vie, le nombre des membres de droit a été réduit à 8 : les supérieurs général, régionaux et les conseillers généraux. C’est au vote des chapitres régionaux que revient la désignation des autres membres du chapitre selon les critères suivants : tous les vicariats doivent avoir un représentant (et pas nécessairement le Vicaire en personne) dans une proportion d’un représentant pour chaque 15 religieux ou partie (Statut 8).
La mission du chapitre général est d’?«?examiner la situation de la congrégation aux points de vue spirituel, apostolique, disciplinaire... ». Il veille à ce que le charisme conserve toute sa beauté et sa force au cœur même de sa nécessaire inculturation dans les différentes situations, époques et cultures. Il étudie les problèmes, indique les orientations, édicte les normes et prend les décisions économiques. Il élit toujours le supérieur général ainsi que les membres de son conseil (RdV 192). Tous les religieux de l’Institut doivent être informés des décisions du chapitre général.
Le chapitre régional est aussi une instance importante dans la vie de communion et de participation (RdV 227-231). Il se réunit tous les 3 ans :  une session avant le chapitre général qui doit préparer le chapitre général ; mais la session qui se tient entre deux chapitres généraux est l’occasion unique pour relire la vie, la mission de la Région, telle qu’elle se manifeste à travers chacun des vicariats qui la composent. La règle de vie réduit aussi à ce niveau-là le nombre des membres de droit au supérieur, ses vicaires et l’économe régional avec le maître des novices et des scolastiques. La proportionnalité comme la représentativité exige que dans chaque vicariat il y ait un député pour 5 supérieurs (ou fraction de 5), élu dans la liste des supérieurs, et un député pour 10 religieux (ou fraction de 10), élu dans la liste des autres religieux. La nouveauté consiste en ce que le supérieur régional peut nommer jusqu’à trois religieux, dont un frère si aucun n’est élu, qui ont voix active lors du chapitre régional.  Il peut également inviter un représentant des profès temporaires qui lui n’aura pas voix au chapitre (RdV 228).
Dans la Règle de vie actuelle, les assemblées de Vicariat (RdV 273) sont des moments très importants pour vivre la communion et la participation, du fait de leur caractère libre, sans exigence canonique?; il est possible d’y vivre des moments de prière, de retraite, de formation permanente, de réflexion sur le charisme, d’élaboration d’un projet de vicariat, une analyse et évaluation des différentes activités de la mission, ou bien un discernement des nouveaux champs de la mission. Ce serait donc une bonne chose que tous les religieux d’un vicariat puissent se rencontrer lors de ces assemblées trois ou quatre fois par an traitant l’un ou l’autre de ces sujets.
Le lieu le plus approprié de la communion et de la participation est la communauté, avec un projet bien défini, élaboré avec la participation de tous et réalisé avec l’engagement et le sens de la responsabilité de chacun des frères. La communauté est cet espace où il est possible de faire l’expérience de Dieu, de la vie, des biens et de la mission, et où nous nous aidons humainement et spirituellement à être fidèles à notre vocation. Avec toute la richesse que nous apporte la charisme. La réunion de communauté, programmée de façon périodique et régulière, préparée chaque fois par un membre différent, permet l’échange d’opinions et d’expériences, l’approfondissement de certains thèmes et la clarification de certaines questions.

Gaspar Fernández Pérez, SCJ

 

 

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...(comme ici, en 2011), la collégialité ne renforce-t-elle pas les liens  de famille dans l’amitié... et dans la joie ?


smichel.jpgSaint Michel Garicoïts écrit...

Quelle est la tentation la plus dangereuse que puisse mettre en œuvre l’ennemi du salut ? C’est le découragement, parce qu’il attaque toutes les vertus et qu’il se cache.
(...) Le découragement va contre l’Espérance qui est commandée autant que la foi et la charité. On doit bien le regarder comme une tentation et même comme une tentation des plus dangereuses, puisqu’il expose l’âme chrétienne à abandonner toute œuvre de piété. Dans leur conduite ordinaire, qu’est-ce qui fait agir les hommes, qu’est-ce qui les soutient dans leurs peines, qu’est-ce qui les anime dans les obstacles ? L’espérance de réussir : ôtez-leur l’espérance, ils tombent bientôt dans l’inaction. (M 402)

 


 

VERS LE 150e ANNIVERSAIRE

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PROGRAMME

Le début des célébrations du 150e anniversaire de la mort de saint Michel Garicoïts, notre Père Fondateur, est à nos portes. Le dernier Conseil de Congrégation a fait le point de la situation, en rappelant les rendez-vous au niveau de Congrégation, de Région, de Vicariat et de Communauté, et en soulignant l’importance de les promouvoir dans toutes les réalités où notre Congrégation vit et œuvre.

Voici donc les moments qui marqueront ce rendez-vous :
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En outre, seront tout aussi importantes les diverses semaines d’animation pour les vocations qui se dérouleront dans les différents vicariats à l’occasion des professions perpétuelles ou des ordinations sacerdotales, par exemple au Brésil et dans la Région P. Auguste Etchécopar.
Également, côté laïcs, différentes initiatives sont déjà en chantier et d’autres seront certainement précisées. Parmi celles-ci, il faut rappeler l’implication de groupes de chanteurs qui, dans plusieurs de nos réalités, se préparent pour accompagner ce rendez-vous par le chant ; les initiatives des groupes de laïcs bétharramites (pour la Fraternité “Me Voici”, en France, le rendez-vous traditionnel à l’occasion du 28 juillet - solennité de la Sainte Vierge de Bétharram - sera particulièrement imprégné du 150e anniversaire de St Michel).
Des pèlerinages à Bétharram et Ibarre sont déjà au programme du Brésil, de l’Argentine et de l’Uruguay, ouverts à tous ceux qui souhaitent y prendre part. Dans la Région P. Auguste Etchécopar est prévue une rencontre des laïcs au niveau régional.
Enfin, et non moins important, des publications de vulgarisation sur la vie et la correspondance de St Michel ainsi que quelques CD avec de nouveaux chants de St Michel verront le jour...
Comme on peut le voir, l’esprit d’initiative ne manque pas. Que commence donc cette année jubilaire, année de grâce pour le renouvellement du cœur !
Graziano Sala, SCJ

 

SPIRITUALITÉ

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Membres de la Fraternité Ne Me lors de la conférence du P. Laurent Bacho à Adiapodoumé

LES VERTUS DU SACRÉ CŒŒUR : LA CHARITÉ

Dans Un maître spirituel du XIXe siècle, Pierre Duvigneau scj affirme sans tergiverser : «?S’il fallait exprimer d’un mot la spiritualité de St Michel Garicoïts, ce mot ne pourrait être qu’amour » ! La charité, cette vertu parfaite venant de Dieu et dont Dieu est l’objet, ce lien d’unité intime entre Dieu et ses créatures, St Michel s’est consacré avec passion à la cultiver dans les cœurs.

Parler du cœur, c’est faire référence à l’amour. C’est bien cela que nous livre St Michel. Il s’est laissé séduire par l’amour de Dieu son Père pour l’humanité que Jésus est venu manifester : « Dieu a tant  aimé le monde, qu’il a donné son Fils… Dieu n’a pas envoyé le Fils pour juger le monde mais pour que le monde soit sauv酠» (Jn 3, 16 et 17). Et dans le texte fondateur (Manifeste), nous sentons l’émerveillement de St Michel lorsqu’il affirme « c’est ainsi que Dieu nous a aimés…. ». Pour lui, le sommet de cet amour de Dieu se situe au moment de l’Incarnation. Dieu s’est fait homme par amour, pour nous apprendre à aimer ! C’est la seule motivation.

Notre fondateur était tout particulièrement saisi par cet amour de Dieu pour les hommes au moment de la fête de Noël : « C’est ainsi que  Dieu a aimé le monde (Jn 3, 16), sachant d’ailleurs que tant d’efforts seraient presque inutiles. C’est un Dieu fondu en charité ; il nous sollicite, il nous presse, il s’immole, tout en voyant que nous ne nous rendons pas à son cœur » (DS 110). Bethléem est pour lui l’illustration parfaite de Dieu qui propose son amour, sans l’imposer : « Pour ramener les hommes au souvenir et à l’amour de leur Créateur, Notre Seigneur Jésus-Christ leur montre la divinité rendue visible et palpable dans son humanité. Le voilà dans la crèche et sous les voiles eucharistiques… Quelle force et quelle douceur dans les enseignements de la crèche… ! Quels attraits infinis pour gagner les plus grands pécheurs... ! » (DS 109).
Seul l’amour peut expliquer ce déplacement de Dieu vers les hommes jusqu’à accepter de devenir l’un d’eux : « Il est dans la crèche, endurant le froid, l’humiliation, les ennuis, les dégoûts par amour pour nous. Quoi de plus propre à nous enflammer d’amour pour lui et à nous rendre généreux ? » (DS 108).

Aujourd’hui, nous ne pouvons que nous laisser transformer devant la contemplation de ce Cœur de Jésus. Nous sommes appelés à faire jaillir de nos cœurs ce qu’il y a de plus profond et de plus vrai : « L’amour, voilà qui mène l’homme ; voilà le secret ressort qu’il faut découvrir... ; voilà le germe divin à développer dans les cœurs. S’il manque, il n’y a rien à faire » (DS 112). Au-delà du devoir à accomplir pour être en règle, du bon exemple à suivre pour être admis dans un groupe, des règlements à respecter, il y a à agir « par amour plutôt que pour tout autre motif ».
Alors au lieu d’être tentés par des demi-mesures, par le minimum, la médiocrité, nous serons remplis d’un élan d’amour : « Oh ! si tout notre être, notre corps et notre âme, n’avait qu’un seul mouvement, un élan généreux pour se mettre sous la conduite de l’esprit d’amour, disant sans cesse : Me Voici ! » (DS 146). Alors, plus de peur, ni de crainte, car « l’amour chasse la crainte » (1 Jn 4, 18). Notre seule crainte sera de ne pas aimer suffisamment, gratuitement et fidèlement ; la crainte n’est plus alors par rapport à Dieu mais envers-nous-mêmes, connaissant toutes nos fragilités et faiblesses. L’amour dont il s’agit n’est pas un vague sentiment mais un renouvellement de notre cœur où nous laissons la place au cœur de Jésus : « Vieux cœur, place au cœur de Jésus » (DS 48). Ainsi la prière ne se réduit plus à une obligation mais elle devient comme un jaillissement d’amour y compris lorsque nous utilisons des formules apprises ; il est toujours intéressant de réentendre le commentaire de St Michel sur les premiers mots du Notre Père : « Notre Père ! Mon Dieu, vous auriez pu commencer cette prière par un mot imposant comme Créateur, Seigneur ; mais vous écartez ce qui peut réveiller la crainte, vous choisissez un terme qui force la confiance et l’amour de ceux qui vous doivent quelque chose. Quoi de plus doux que ce nom qui n’exprime qu’indulgence et tendresse » (DS 58). Il conseille de nous adresser à Dieu à travers des expressions remplies d’affection : « Tâchez de ranimer en vous l’esprit de prière, l’habitude de recourir à Dieu comme une bonne enfant, à chaque instant, comme machinalement ; il est si près de vous, il est en vous ! Vous l’avez là dans le fond le plus intime de votre cœur, si désireux de vous écouter, de se donner à vous, de vous soutenir, de vous diviniser ! » (1 Cor. N° 103).
Nous sommes ici très loin de l’éducation religieuse rigide qu’il avait reçue dans son enfance, sous l’influence du jansénisme plus enclin à souligner le Dieu sévère du Sinaï que le maître du bonheur des béatitudes. C’est une autre perspective qui s’est imposée au Fondateur et qui devient sa nouvelle orientation, bien indiquée dans le texte fondateur : « Il a plu à Dieu de se faire aimer… » qui peut être traduit par : « Dieu prend plaisir à  recevoir notre amour. »
L’incarnation du Fils se situe dans ce sillage :
- « L’attrait qui nous gagne à l’amour divin,
-  Le modèle qui nous montre les règles de l’amour,
- Le moyen de parvenir à l’amour  divin. »

1) « La prière jaillissement d’amour », mais parfois notre vie spirituelle est faite aussi de sécheresse. Quelles sont les aides dont nous disposons pour persévérer ; comment traverser ces aridités??
2) Du côté de Dieu, nous ne percevons pas toujours cet amour pour nous. Comme le dit la lettre apostolique La Porte de la Foi (N° 14), nous éprouvons «?le silence de Dieu » au lieu « d’écouter sa voix consolante?».  Comment  l’amour peut-il nous servir de “ressort”??
3) Le nouveau pape François nous a parlé de bonté et de tendresse (homélie du 19 mars). C’est la même insistance dans la RdV (N° 9), comment être témoins de tendresse et de miséricorde dans nos familles, nos communautés et nos lieux de mission ?

Laurent Bacho, SCJ

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Un exemple de prière “jaillissement d’amour” par Charles de Foucauld

SPIRITUALITÉ DES LAÏCS

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Religieux bétharramites, Religieuses et laïcs réunis pour une retraite commune à Widney Manor, près de Solihull.

REMPLIS MON CŒUR DE JOIE

 

Samedi 16 mars, près de trente personnes, de 13 à 82 ans, se retrouvaient pour une journée de retraite près de Solihull (angleterre). Pour animer ce temps de méditation à l’ambiance familiale, les Religieux bétharramites du vicariat, des Sœurs de congrégations amies et des laïcs associés ont fait appel au P. Enrico Frigerio, venu de Rome pour l’occasion. Dès leur arrivée, nos participants avaient le visage illuminé d’un large sourire, mais il se trouve qu’ils voulaient davantage, à savoir comment faire entrer encore plus de joie... dans leurs cœurs ! Pour les guider, le P. Enrico a tout naturellement convoqué... St Michel Garicoïts et Benoît XVI.

« Remplis mon cœur de joie » était le thème de la journée de retraite, très bien animée par le P. Enrico. Nous avons été invités à réfléchir sur certains thèmes de la Lettre apostolique de Benoît XVI, Porta Fidei : renouveler l’enthousiasme, ranimer la joie d’avancer sur notre chemin et redécouvrir la joie de la foi. Nous nous sommes interrogés sur la source de notre joie, qui se distingue d’un bonheur superficiel, et  sur notre capacité à exprimer cette joie, en nous demandant si elle est enracinée dans la foi et l’amour de Dieu.
La spiritualité de Michel Garicoïts se fonde sur une joie profonde et personnelle, puisée dans la foi en l’amour constant que Dieu a pour lui, et sur son désir de transmettre cet amour à tous à travers son “Me voici, Seigneur, pour faire ta volonté”. Dans le Manifeste, St Michel invite à « procurer aux autres le même bonheur ». Lui-même a partagé fidèlement avec les autres la joie qu’il éprouva dans sa mission et tout au long de sa vocation.
Le thème de la joie traverse  ’Ancien et le Nouveau Testament comme un fil conducteur : de ses racines, elle s’épanouit comme un bourgeon pour arriver à la floraison.
Nous avons eu le temps de réfléchir tranquillement et de nous enrichir mutuellement grâce aux échanges, avant de conclure notre journée par une belle célébration eucharistique.
Tous les présents sont arrivés (parfois non sans peine) à faire un discernement sur la différence entre un bonheur superficiel sans consistance et la joie bien enracinée que l’on ressent lorsqu’on réalise combien Dieu nous aime et nous aime sans conditions. Notre subconscient a pu parfois la percevoir, mais quand elle émerge à un niveau conscient, elle peut nous émerveiller par sa force et par sa capacité à élever l’esprit et susciter l’admiration.
Notre joie est un don du Saint Esprit. Elle peut se manifester à travers l’amour du prochain et notre gratitude envers le Dieu d’amour. Elle se nourrit du partage de l’Eucharistie. Notre foi est une source de grandes bénédictions.
« Que le Dieu de l’espérance vous remplisse, vous qui croyez, de joie et de paix parfaites, afin que vous débordiez d’espérance par la puissance de l’Esprit Saint. » (Rm 15,13)

Carol Foster


Pape Benoît XVI
nef1304-17a.jpg« Caritas Christi urget nos » (2 Co 5, 14) : c’est l’amour du Christ qui remplit nos cœurs et nous pousse à évangéliser. Aujourd’hui comme alors, il nous envoie par les routes du monde pour proclamer son Évangile à tous les peuples de la terre (cf. Mt 28, 19). Par son amour, Jésus-Christ attire à lui les hommes de toutes générations : en tous temps il convoque l’Église lui confiant l’annonce de l’Évangile, avec un mandat qui est toujours nouveau. C’est pourquoi aujourd’hui aussi un engagement ecclésial plus convaincu en faveur d’une nouvelle évangélisation pour redécouvrir la joie de croire et retrouver l’enthousiasme de communiquer la foi est nécessaire. L’engagement missionnaire des croyants, qui ne peut jamais manquer, puise force et vigueur dans la redécouverte quotidienne de son amour. En effet, la foi grandit quand elle est vécue comme expérience d’un amour reçu et quand elle est communiquée comme expérience de grâce et de joie. Elle rend fécond, parce qu’elle élargit le cœur dans l’espérance et permet d’offrir un témoignage capable d’engendrer : en effet elle ouvre le cœur et l’esprit de tous ceux qui écoutent à accueillir l’invitation du Seigneur à adhérer à sa Parole pour devenir ses disciples. (...) Porta Fidei, n° 7

Saint Michel Garicoïts

nef1304-17b.jpg Je me sens pressé de vous recommander de toute l’étendue de mon âme de vivre dans la joie du Seigneur et de la faire éclater dans toute votre conduite, dans tous vos rapports avec Dieu, avec le prochain et avec vous-même, comme la divine Marie... Dieu tient son regard arrêté sur vous pour vous purifier, vous protéger et combler de bienfaits. À la vue de ce regard sauveur, protecteur et bienveillant, ne devez-vous pas avoir et faire éclater constamment votre joie ? vous surtout, que ce regard a choisie et conduite si visiblement jusqu’à ce jour dans la voie de votre vocation ! Dites donc et ne cessez de dire : Mon âme glorifie le Seigneur, parce que ce grand Dieu, ce bon Père, me regarde... Pratiquer et prêcher toujours cette piété nourrie de foi, de confiance, d’amour pour Dieu, de dévouement pour le prochain et pour tout ce qui y tient. Que le Magnificat soit votre cantique chéri,
l’expression fidèle de vos sentiments.
Tiré d’une lettre de St Michel Garicoïts à une religieuse, 1845

5 MIN AVEC ...

... la communauté d'Adrogué

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P. Badie, Mariano, Leandro, P. Guido, P. Daniel

Après Bangalore au mois dernier, nous voici dans une autre communauté de formation de la Congrégation : Adrogué, située dans la grande ceinture de Buenos Aires. Résidant dans la belle Villa Bétharram, entourée d’un grand parc, les cinq membres de la communauté vivent au rythme d’une vie de famille argentine comme tant d’autres : ils ne manquent aucun match de football important et leur porte est volontiers ouverte à tous leurs voisins. Immergés dans un quartier populaire, fervent et dynamique, leur quotidien n’a rien d’un long fleuve tranquille !

NEF: Bétharram en Argentine a une longue histoire. St Michel vivait encore quand les premiers missionnaires y sont arrivés en 1856.

- Guido: La présence de Bétharram dans le « Río de la Plata?» remonte effectivement au temps de la fondation de la congrégation. Mais la communauté d’Adrogué, en tant que telle, est l’une des plus récentes. À la fin des années 30, à cause de la Seconde Guerre mondiale et en vue de l’imminente organisation de la Congrégation en provinces (1947), il fut décidé de fonder sur le territoire argentin une maison de formation qui accueillerait les novices et les scolastiques non seulement d’Argentine, d’Uruguay et du Paraguay, mais aussi du Brésil, pays où Bétharram avait récemment fondé. Dans ce but, un terrain de 17 hectares fut acheté dans la localité d’Adrogué, à 22 km au sud de Buenos Aires. Le lieu était adapté aux activités des jeunes en formation tout en étant seulement à 30 mn en train de la capitale. Il fut décidé, finalement, d’ériger là la maison religieuse et une belle chapelle, qui fut bénie et inaugurée le 28 juin 1945.

La communauté est actuellement formée de trois religieux prêtres, d’un novice et d’un postulant. Cinq personnes et trois générations. Comment réussissez-vous à intégrer cette diversité ?

- Mariano: Au fond, nous sommes comme une famille normale. Leandro, 32 ans, Mariano, 26 ans, et le Père Guido, 33 ans, forment une génération, comme les frères d’une même famille. Ensuite, le Père Daniel, 42 ans, représente en quelque sorte la génération précédente, quoique nous ayons des goûts communs, comme jouer au football et regarder les matchs ! De ce point de vue, nous ne sommes pas si loin les uns des autres. Et le Père Badie, qui fêtera bientôt ses 88 ans, est un peu notre grand-père. Nous prenons soin de lui, nous l’accompagnons lorsqu’il a des formalités à remplir. De par son vécu, il représente la voix de la sagesse qui résonne dans la maison. En outre, il est très sympathique et tout le monde l’aime beaucoup.

Adrogué abrite le noviciat régional. Quelles sont les priorités du ministère de la formation de postulants et de novices??

- Guido: Le postulat et le noviciat sont encadrés par le projet de formation de la congrégation, à savoir la Ratio Formationis?; notre priorité est de garantir que les jeunes en formation puissent vivre une expérience authentique et profonde de Dieu et du choix de Jésus-Christ comme le centre de la vie. Ce choix devient, peu à peu, la motivation ultime et fondamentale du choix vocationnel. Pour garantir ce travail, la Ratio met à disposition des outils pédagogiques précis, en particulier l’accompagnement personnel, les Exercices ignatiens. Et puis, il y a aussi la vie même, ici, dans la maison, les cours, etc.

Villa Bétharram a vu grandir autour d’elle une petite communauté chrétienne très dynamique. Quelles sont ses activités??

- Guido : Cette communauté baptisée “Capilla Betharram” est en effet très vivante. Dès les débuts, la maison de formation s’est aussi projetée dans la mission vers le quartier et dans la vie diocésaine. Actuellement, la “Chapelle” organise : la catéchèse sacramentelle de première communion et de confirmation ; la “pré-JUBE” et la “JUBE” c’est-à-dire des groupes d’adolescents qui se retrouvent dans notre chapelle autour de notre identité bétharramite ; le groupe de Saint-Vincent qui depuis 40 ans s’occupe des besoins des familles les plus pauvres de notre quartier ; un groupe d’animation liturgique ; le conseil économique qui veille au soutien des œuvres de la “Capilla”?; un groupe de “FALABE”, les laïcs qui boivent à la même source charismatique?; le groupe de missionnaires qui visitent les familles de notre quartier ; la Légion de Marie (“Legio Mariae”).

Quelles sont les modalités de votre insertion missionnaire et sociale dans le quartier ?

- Leandro : En premier lieu, à travers le ministère de l’écoute et la disponibilité des prêtres pour célébrer la réconciliation et assurer les visites aux malades et aux personnes dans le besoin. Il y a aussi le “groupe de Saint-Vincent”, un groupe de laïcs qui reçoivent et administrent des dons. De plus, les jeunes en formation participent à la catéchèse et au groupe “pré-JUBE et JUBE” qui reçoit et accompagne des enfants et des adolescents du quartier. Nous comptons aussi sur la “Casa del Niño” (Maison de l’Enfant - une garderie et une crèche). Et nous partageons toujours les missions que les laïcs réalisent durant les temps liturgiques forts, en visitant les voisins. Il y a beaucoup de vie !

La priorité  de la communauté est l’accompagnement des jeunes en formation. Mais la présence nombreuse des jeunes et des enfants dans le quartier ne représente -t-il pas aussi un vrai défi??

- Mariano?: Auprès d’eux, nous essayons de montrer Jésus jeune, et ce dans le cadre de la catéchèse. Nous n’hésitons pas à aller dans le quartier pour toutes sortes d’activités, pour partager avec les groupes de jeunes, en organisant par exemple avec eux le chemin de croix, les crèches vivantes, ou encore pour célébrer ensemble les fêtes chrétiennes.

Villa Bétharram est un “vaste édifice”. Que faites-vous des parties de la maison que la communauté n’occupe pas??

- Daniel : Autant que faire se peut, nous les destinons à la mission de l’Église. Un secteur de la maison, inoccupé depuis quelques années, a été baptisé “la Maison de Rencontre Cœur de Jésus”. Avec une équipe de laïcs, nous le mettons à disposition pour : 1) recevoir les groupes de jeunes ou d’adultes qui cherchent un lieu confortable, tranquille et dans un environnement naturel, pour faire des retraites spirituelles?; 2) offrir des espaces générateurs de vie : des rencontres de formation, de retraites, de journées, d’Exercices Spirituels, de célébrations, d’écoute, d’accompagnement… Nous sommes témoins de ce que ces moments facilitent la rencontre avec soi-même (identité et mission) et la rencontre avec Jésus, qui renouvelle chaque chose.

Vous évoquiez peu avant la “Casa del Niño” (“Maison de l’Enfant”). De quoi s’agit-il ?

- C’est une garderie qui accueille des enfants de 2 à 4 ans, en semaine, de 8h du matin à 5h le soir. Cette Maison de l’Enfant a été fondée il y a 40 ans par les PP. Ierullo et Daleoso, avec la collaboration étroite d’un groupe de laïcs. Un problème de taille se posait aux familles?: les mères des familles pauvres du quartier devaient aller travailler et n’avaient personne à qui confier leurs enfants qui n’étaient pas encore en âge d’aller à l’école. La création de cette institution, qui est toujours sur pied, a tenté de répondre à un besoin concret. La Maison de l’Enfant offre aussi aux tout petits une éducation de base?; et c’est un espace privilégié pour l’évangélisation : là les enfants se familiarisent peu à peu avec Jésus.

Quel est votre programme pour la  célébration du Jubilé de la mort de St Michel Garicoits ?

- Leandro?: Nous le célébrerons avec simplicité avec la communauté de la “Chapelle”, et bien entendu avec l’ensemble du vicariat. Nous avons donné une modeste contribution à la congrégation en composant une chanson qui a pour titre la devise même de l’année jubilaire : “Du Cœur de Jésus au cœur du monde”. (À écouter sur www.betharram.net/resolveuid/0ae66be4755e43c2ad6320eda65dbee5).

Une dernière question... incontournable?! Comment avez-vous vécu l’élection du Pape François ?

- Guido:En vérité, nous n’en sommes pas encore revenus ! L’élection surprise du Pape François nous a procuré une joie immense. Au moment où la fumée blanche s’élevait de la cheminée du Vatican, nous étions en train de dire le rosaire. Nous avons immédiatement fait sonner les cloches de la chapelle pour nous unir à la joie d’avoir un nouveau pape, sans même savoir encore qui c’était. Nous nous sommes tous retrouvés devant l’écran de l’ordinateur (nous suivions les événements par Internet). Quand le cardinal proto-diacre a prononcé “Georgium Marium”, nous sommes restés stupéfaits?: le premier pape latino-américain et, de plus, un Argentin?! Les cloches des églises voisines se sont mises à retentir, les gens nous ont rejoints pour partager leur surprise et leur joie, le téléphone n’a plus arrêté de sonner... Beaucoup se sont mis en route vers la cathédrale métropolitaine de Buenos Aires, et à 19h (heure locale), nous avons célébré la messe d’action de grâces pour le nouveau pape.
Il est très difficile de dire ce que signifie pour nous la désignation du Cardinal Bergoglio comme évêque de Rome. Et non seulement dans notre pays, mais pour toute notre région. Un fils de notre terre comme successeur de Pierre !
Dans la nuit du 18 mars, des veillées de prière ont été organisées pour les jeunes dans les cathédrales de tous les diocèses de notre pays. Chaque veillée a culminé avec la retransmission en direct de la messe d’inauguration du pontificat de François : quelle fête !
L’élection de Bergoglio est un signe d’espérance ; la force et la maturité de l’Église latino-américaine acquièrent une visibilité à travers la personne du Pape François. En lui, c’est l’Église proche des pauvres et de ceux qui souffrent qui devient visible : « une Église pauvre et des pauvres?», où tous les baptisés - disciples et missionnaires - sont partenaires pour le service, le dialogue et la participation, qui propose le renouvellement comme un retour à l’Évangile de Jésus. Le geste de s’incliner pour recevoir la bénédiction du peuple ne peut passer inaperçu ; c’est son style à lui de vivre le ministère.

 

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À la “Casa de los niños”

 


 

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4. NOUVELLE CONSTITUTION ÉPISCOPALE (1868)

 

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P. Auguste Etchécopar

Moins connue que la précédente, car elle vit à peine le jour. Elle représente toutefois une étape douloureuse dans cette histoire.
La constitution de 1841, amendée en 1851 et en 1855, reçut une troisième retouche en septembre 1863, lorsque Mgr Lacroix demanda à l’assemblée de Bétharram de désigner un supérieur, qu’il instituerait lui-même, et d’élire un Conseil. L’administration ainsi constituée devait durer trois ans?; elle sera, en réalité, maintenue d’office par Mgr Lacroix jusqu’en 1872, malgré les réclamations de la Communauté.
Aussi le malaise n’allait-il cesser de croître. De 1863 à1868, 27 membres sortirent de la Congrégation. Et ceux qui restaient y étaient retenus beaucoup plus par le souvenir du P. Garicoïts que par un statut juridique quelconque. On ne savait plus si les vœux étaient obligatoires, comme on l’avait enseigné du vivant du fondateur, ou facultatifs, comme semblait le dire la lettre de la constitution.
C’est alors que se produisit l’événement. Le 11 mai 1868, Mgr Lacroix arriva inopinément à Bétharram, réunit les membres présents, leur redit qu’il ne pouvait être question pour eux «?de former un corps religieux, mais une société purement diocésaine ».
La question des vœux fut aussitôt soulevée. L’Évêque, n’osant la trancher d’autorité, déclara qu’il s’en remettait au vote de l’assemblée. Le scrutin se fit séance tenante et, contre l’attente du prélat, la communauté se prononça, par 16 voix contre 7, pour les vœux obligatoires.
Embarrassé, Mgr Lacroix promit une nouvelle constitution, qui tiendrait compte du désir exprimé, et convoqua le P. Etchécopar à Bayonne pour l’aider à la rédiger. On le conçoit néanmoins, dans une telle occurrence, le rôle du jeune Secrétaire général ne serait guère que symbolique. Au vrai, la nouvelle constitution épiscopale se trouva encore moins consistante que l’ancienne.
« L’obligation des vœux m’ayant été demandée par la grande majorité des prêtres, écrivait le prélat le 19 juin, j’ai dû la mettre dans les constitutions... » Mais, au paragraphe suivant, alléguant que d’aucuns avaient « proposé l’agrégation de quelques prêtres qui ne seraient pas disposés à faire des vœux », il entre à fond dans cette voie?: « Il m’a paru, écrit-il, que le principe d’agrégation ou d’affiliation ne devait pas être ainsi restreint ». Il convient donc « que l’agrégation soit admise en principe général ».
D’après le nouveau document, il y aurait donc deux catégories de Bétharramites, les uns liés par des vœux, les autres non. L’Évêque concluait : « Il vous sera donné lecture des constitutions et règlement, chacun pourra s’en pénétrer ; mais il n’y aura ni discussion ni délibération en commun à ce sujet. Chacun de vous se décidera en toute liberté et optera pour l’émission des vœux ou pour l’agrégation ».
L’Évêque allait être déçu une seconde fois. On lit dans le P. Bourdenne : « Malgré les instances de Mgr Lacroix, qui écrivit deux autres lettres quelques jours après, et quelle que fût la vénération que tout le monde avait pour lui, il n’y eut qu’un petit nombre de membres qui se décidèrent à donner leur signature. Encore eurent-ils soin de stipuler que ces statuts seraient soumis à l’approbation du Saint-Siège?»1.
Autant dire que la constitution de 1868 était mort-née.

Pierre Duvignau, SCJ

1. La Vie et l’œuvre du Vénérable Michel Garicoïts, Basilide Bourdenne, 3e éd., p. 413.

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