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22/09/2008

Nouvelles en famille - Septembre 2008

Fête de la croix Glorieuse

Sommaire

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chapelles de la paroisse bétharramite de Ciudad del Este - Paraguay (10/09/2008)


Le mot du Pére Général

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Au mois d’octobre, l’Église s’apprête à célébrer le Synode sur la Parole de Dieu dans la vie et  la mission de l’Église. Comme tout synode, c’est un temps de grâce pour mobiliser l’Église entière sur un sujet donné. Notre Congrégation ne saurait manquer cette occasion de réfléchir, de discerner et de faire le nécessaire pour mettre en valeur la Parole de Dieu dans notre vie de consacrés.

En lisant le Manifeste et d’autres écrits de notre père saint Michel, on se rend compte de l’importance qu’il accordait à la Parole de Dieu. Non seulement il cite abondamment la Bible, mais ses méditations personnelles à partir de l’Écriture montrent à quel point il en était familier. Comme saint Michel, nous avons fait l’expérience de cette rencontre du Christ qui, d’après Benoît XVI (Dieu est Amour, n°1),  marque le début de la vie de foi à travers le contact et l’impact d’un passage de l’Écriture sainte en notre cœur. La Parole de Dieu est lumière sur ma route, ou pour reprendre l’image du P. Cencini, les lectures quotidiennes sont le morceau de pain que le Maître dépose dans notre sac pour affronter toute une journée de marche. Au long du chemin, nous puisons dans la parole pour garder notre tonus, avancer sous le soleil ou dans le froid, d’un pas lourd ou alerte, en vrais disciples du Christ.

1. Nous célébrons la Parole. Chaque jour en communauté, nous célébrons la Parole de Dieu comme un don du Père de bonté pour fortifier notre foi et notre salut. Le Père bien-aimé nous prodige sa Parole à l’Eucharistie, à l’Office des lectures et aux autres temps de la Liturgie des Heures.

2. Nous intériorisons la Parole. Telle la rosée du matin (Is 55,10-11), il s’agit d’un moment essentiel pour assimiler la Parole et la faire fructifier. L’Écriture ne sera Parole vivante qu’à condition de l’incarner dans notre vie. L’apôtre Jacques l’affirme dans sa lettre : C'est pourquoi vous devez rejeter tout ce qui salit, tout ce qu'il vous reste de méchanceté, pour accueillir humblement la parole de Dieu semée en vous ; elle est capable de vous sauver. Mettez la Parole en application, ne vous contentez pas de l'écouter : ce serait vous faire illusion. Car écouter la Parole sans la mettre en application, c'est ressembler à un homme qui se regarde dans une glace,  et qui, aussitôt après, s'en va en oubliant de quoi il avait l'air. Au contraire, l'homme qui se penche sur la loi parfaite, celle de la liberté, et qui s'y tient, celui qui ne l'écoute pas pour l'oublier, mais l'applique dans ses actes, heureux sera-t-il d'agir ainsi. (Jc 1,21-25) Ce mouvement d’intériorisation et d’incarnation est long et difficile, il demande des efforts, de la méthode et du temps. Il se fait par la méditation, à la façon de la lectio divina ou d’autres méthodes, comme celle que propose saint Ignace. Je me retrouve bien dans les étapes qu’exposent certains livres du cardinal Martini: lectio, meditatio, oratio, contemplatio, discretio, operatio.

3. Nous témoignons de la Parole. Le témoignage ne se programme pas, il est spontané quand la Parole de Dieu a été comprise, assimilée, quand elle a touché notre cœur, orienté nos décisions, et qu’elle se manifeste dans notre conduite : critères, valeurs, motivations et actions. C’est le propre de la vie chrétienne, caractérisé par ces vertus qui détonent dans la société ambiante, et suscitent la question irrésistible pointée par Paul VI : Pourquoi sont-ils ainsi ? (E.N. 21)

4. Nous annonçons la Parole. Quand nous répondons à la question irrésistible et que nous rendons compte de notre espérance avec douceur et respect (1P 3,15-16). La raison de notre style de vie n’est autre que Jésus, Verbe fait chair (E.N. 22). En en rendant raison, nous annonçons Jésus et son Évangile à toute personne avec qui nous sommes en lien, dans toutes les dimensions de l’existence: communauté, pastorale, famille, travail, engagement politique, etc.

5. Nous prêchons la Parole. La plupart d’entre nous exerce le ministère de la Parole propre à l’ordre presbytéral, le dimanche et en d’autres occasions. Ce ministère consiste à mettre en relation la parole proclamée avec la vie de la communauté et le sacrement célébré. La communauté qui nous écoute est aussi sage que critique ; elle sait faire la différence entre des propos inspirés d’un ouvrage à la mode et ceux qui viennent d’une expérience personnelle du Christ nourrie de l’Écriture, car ils révèlent tout un chemin de vie avec la Parole.

6. Nous partageons la Parole. Dans la tradition de la vie consacrée, ce qu’on appelle collatio a toujours eu une place importante. C’est l’acte par lequel la communauté religieuse se réunit afin que chaque frère ait la liberté de partager aux autres son compagnonnage avec la Parole, son expérience de lectio divina et  la manière dont il a été témoin de l’œuvre de Dieu chez les personnes rencontrées dans la mission. Ce témoignage, apporté avec simplicité, discrétion et respect, aide les frères à grandir dans la foi et donne sa véritable consistance à la communauté.

Gaspar Fernandez,SCJ


nef-etchecopar.jpgLe père Etchécopar écrit... au Père Magendie, le 4 septembre 1894

Ce mois est celui des pèlerinages à Lourdes et à Bétharram… Il y en a eu plus que jamais peut-être à Lourdes, et peut-être des miracles plus éclatants : il fallait ce coup de pied aux ignominies de l’homme animal  qui a essayé de faire monter une écume fétide jusqu’au pied Virginal de l’Immaculée ! Le P. Garicoïts avait dit : « Lourdes enverra du monde à Bétharram. » Cette parole s’est réalisée plus que jamais et au-delà : puisqu’on vient du Sanctuaire au Calvaire et sur la tombe vénérée.

Le pèlerinage national, tout seul, a déversé en quelques heures le mêmejour, trois trains de pèlerins sur la dévote Chapelle et sur la sainte colline

  


Un besoin de parole de profondeur de prière

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Une laïque, ex présidente nationale de l’Action catholique, a prêché fin août la retraite annuelle de la Province d’Italie. Extraits de la conférence d’introduction de Paola Bignardi.

Les apôtres se rassemblèrent autour de Jésus et lui rapportèrent tout ce qu'ils avaient fait et enseigné.
Il leur dit: "Venez à l'écart, dans un lieu solitaire et reposez-vous un peu." (Mc 6,30-32)

Ce magnifique épisode relate la rencontre des disciples avec leSeigneur, de retour de mission ; il me paraît important de lire aussi dans les “blancs”. Entre les retrouvailles autour de Jésus et ce que dit celui-ci, on peut imaginer que s’intercalent les récits de la mission. De tels espaces manquent dans nos communautés, nous n’avons pas de “lieux” pour raconter la mission, et elle en devient une initiative individuelle ou un acte en solitaire. Les apôtres, eux, se réunissent autour de Jésus, sans doute pour raconter ce qu’ils ont fait et comment ils l’ont fait, les personnes rencontrées, les succès et les échecs, la fatigue aussi, surtout la fatigue, car la réponse de Jésus est claire: Reposez-vous. Le Seigneur prend soin de l’état d’esprit et de l’état physique de ceux qui reviennent de mission…

Nos journées ressemblent souvent à un tourbillon : elles sont pleines d’engagements, de réunions, de responsabilités, de vie de travail et de vie de famille, et même quand elles ne sont pas spécialement chargées, nous sommes pris par la frénésie ambiante au point de vivre “en courant” alors qu’on pourrait faire autrement. Je ne sais pas si cela vous arrive mais le fait est que, les jours où je suis tranquille, je me débrouille toujours pour trouver quelque chose à faire… Quand on est « à la bourre », on peut ne pas négliger la prière ni le temps consacré à la parole de Dieu, mais il est clair qu’alors la prière risque d’être contaminée par notre rythme de vie, d’être régulière mais superficielle, et finisse par être dite « en courant ».

Nous avons besoin de retrouver le calme qui permet de vivre plus en profondeur. Nous avons besoin de solitude : peut-être nous fait-elle un peu peur, car elle nous laisse avec nous-mêmes, elle nous met  en face des côtés les plus beaux, les plus intéressants mais aussi les plus sensibles de notre vie. Dans la solitude, nous rencontrons aussi ce qui ne nous plaît pas en nous, de nous, et qui devient plus clair sans l’étourdissement des « choses à faire ». (…) Nous avons besoin de la solitude de la conscience devant le Père, à l’exemple de Jésus qui se retirait seul et entrait en dialogue avec Lui : telle est la condition pour écouter, pour parler, pour voir notre vie à Sa lumière, pour retrouver devant lui les désirs les plus forts de notre vie ; et puis, nous avons besoin de solitude pour faire jaillir une prière sincère…

Nous avons besoins d’une prière de vérité pour creuser en nous des attentes et regarder en face nos peurs, celles qui nous poussent à vivre souvent en chrétiens sur la défensive, sans élan, sans courage, sans joie. Ce peut être notre fait, ou celui de notre communauté ou de l’Église. Oui, dans la prière nous pouvons regarder en face ces peurs qui font de nous des chrétiens plus prompts à défendre la valeur de leur foi qu’à en montrer la beauté, la pertinence. Et puis, nous devons prier l’Esprit pour qu’il nous fasse comprendre cette époque cruciale pour le monde et pour l’Église; nous avons besoin de comprendre où le Seigneur conduit le monde, et surtout de discerner les signes de sa présence. Parce qu’il y en a, même si, dans le tourbillon de la vie quotidienne envahie de préjugés et d’incrédulité, il n’est pas facile de reconnaître que Dieu est présent; du coup, on se laisse entraîner à ces lectures pessimistes qui voient le monde courir à la catastrophe, incapable d’en distinguer les lumières. Peut-être bien que ces lumières ne sont pas fulgurantes, mais si nous les manquons, c’est que nous regardons ailleurs.

Il faut retrouver petit à petit le sens de l’amour qui nous entoure, contempler Jésus comme le visage de l’amour du Père, et donc lire le mystère du Seigneur avec cette clef de l’amour; mais pas celui que nous voudrions mettre dans notre rapport à Lui, cet amour que nous recevons de Lui, et qui nous fait vivre. Notre temps a besoin d’amour.

Paola Bignardi


Session de préparation à la profession perpétuelle 2008

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Du 1er juin au 31 juillet, la rencontre a regroupé 15 jeunes profès : 3 de la région Bse Marie de Jésus Crucifié : 2 de Thailande et 1 de l’Inde ; 6 de la région Auguste Etchécopar : 4 du Paraguay et 2 d’Argentine ; 6 de la région Michel Garicoïts : 2 de la province d’Italie (1 de Centrafrique et 1 d’Italie), 4 de la province de France, Délégation de Côte d’Ivoire.

L’équipe d’animation, nommée par le Supérieur Général, a voulu respecter la provenance des jeunes : Père Chan Kunu pour l’Asie ; Père Gustavo Agin en Terre Sainte et P. Angelo Recalcati en France, pour l’Amérique ; Père Laurent Bacho pour l’Afrique-Europe ; Père Jean Lambert en Terre Sainte, comme guide des Lieux Saints.

Les intervenants extérieurs ont été nombreux : plusieurs religieux, avec une place spéciale pour le Supérieur général ; des apports très intéressants (Carmel de Bethléem, Filles de la Croix à Igon, Servantes de Marie et Bernardines à Anglet) ; les témoignages des différentes communautés...

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Les grandes étapes de cette session :

  1. à Bethléem : connaissance mutuelle et Mystère de l’Incarnation (1-11 juin) ; les Exercices Spirituels de 10 jours (12-21 juin) ; le Mystère pascal vécu en lien avec Jérusalem (22 juin–1 juillet)
  2. à Nazareth : Vie du disciple et de l’apôtre (1-8 juillet)
  3. en France : Sur les pas de Saint Michel (10-31 juillet)

Les impressions sur la Terre Sainte, en particulier la Galilée : « À Nazareth, j’ai apprécié Dieu-amour anéanti, Dieu parmi nous ». « Je suis marqué par la simplicité de Marie à l’annonciation et invité à être attentif aux signes de Dieu… Au Carmel, le prophète Élie m’a interrogé sur mon degré de passion pour Dieu ». « Je suis marqué par l’incarnation, Dieu qui nous rejoint dans la simplicité et la fragilité de nos vies ». « À Nazareth je redécouvre que la sainteté passe davantage dans la vie quotidienne que dans le merveilleux ». « Au Thabor, c’est la contemplation de la beauté de la transfiguration dont je dois être témoin aujourd’hui ». « À Abelin, je suis étonné par la pauvreté du lieu et invité à m’appuyer sur la simplicité pour me disposer à obéir par amour ». « Au lac de Tibériade, je m’identifie à Pierre avec mes craintes, mes échecs et mes succès ».

Le temps vécu à Bétharram et sur les pas de St Michel a été enrichissant et vécu avec intensité, malgré la fatigue compréhensible: c’est le lieu source qui a été apprécié par tous. Ibarre a permis aussi un temps de réflexion important malgré la pluie. Igon a suscité aussi un désir fort de conversion chez plusieurs. Loyola a rassemblé ce que nous avions vécu au cours des Exercices Spirituels. Lourdes a constitué cette année de jubilé un temps précieux pour la prière, le respect du malade, une liturgie et une dévotion populaires nous invitant à la simplicité.

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Deux insistances ont été soulignées au long des deux mois :

  1. la dimension personnelle était déterminante dans cette expérience : 1) nous avons insisté sur la prière personnelle ;  le programme du matin préservait cela 2) le temps d’intégration en fin de journée (18-19h) a été préservé au long de la session. 3) la rencontre avec l’accompagnateur fortement recommandée.
  2. la dimension internationale était importante : notre groupe était bien représentatif de la réalité de la Congrégation. Certains manient les langues aisément ; d’autres ont plus de mal. Nous avons été confrontés à cette réalité dans le partage. La liturgie (Office des heures et Eucharisties) a été le lieu par excellence de cet accueil des différentes langues, même si certains ont  pu regretter le manque de créativité. Les enseignements étaient traduits dans les 3  langues grâce à des traducteurs bénévoles qui ont été des ouvriers dans l’ombre et que nous remercions.

Les différentes réalités de la congrégation ont été présentées, comme cela avait été demandé dans les lettres d’invitation. Il y a eu une bonne volonté générale d’attention aux autres ; la patience dans l’écoute et le respect des différences (les équipes de service favorisaient cela). Plusieurs ont noté ces points.

Une unanimité autour des Exercices Spirituels : dans l’évaluation finale, tous ont noté combien ce temps a été fructueux dans le cheminement de la session. Tous ont apprécié le tact et la délicatesse du P. Gustavo  Agin comme guide ; l’accompagnement quotidien personnalisé a produit de bons fruits chez tous ; pour certains ce fut une expérience fondamentale.

Bien sûr des regrets ont aussi été exprimés dans l’évaluation finale ; il y a eu des imperfections comme dans toute œuvre humaine. Suivant les sensibilités, les temps de partage ont pu être insuffisants, le programme surchargé, les temps libres trop réduits. Certains ont aussi reconnu que leur engagement personnel aurait pu être plus intense. Mais tous ont noté que ce temps a été très utile dans l’étape d’engagement où ils se trouvent ; la congrégation est devenue un ensemble de visages, reflétant dans la diversité des cultures le même charisme de St Michel. Un temps de grâce, mais aussi un temps qui engage chacun à des exigences plus fortes.

Laurent Bacho,SCJ

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Tour du monde en brèves

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RÉGION SAINT MICHEL -  DÉLÉGATION DE CÔTE D'IVOIRE - 2008-09
Meilleurs Vœux !   Jour de fête ce 14 septembre à la paroisse Saint-Bernard d’Adiapodoumé: le Fr. Emmanuel Congo prononce ses vœux perpétuels, tandis que les Frères Hyacinthe et Marius, (de Côte d’Ivoire) Antoine et Aristide (du Centrafrique) font leur première profession dans la Congrégation du Sacré Cœur de Jésus. Soyons unis au Bétharram africain dans la prière et l’action de grâces.


5 mn avec... le Père Alberto

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Le P. Alberto Pensa, originaire du Nord de l’Italie, est supérieur vice-provincial de Thaïlande depuis 2001. Nous avons profité de son passage à Rome pour l’interroger sur la mission et les projets de la Congrégation dans ce pays.

Nef - Pouvez-vous nous brosser un rapide portrait de votre Vice-Province ?

Bétharram en Thaïlande est une réalité en pleine expansion. C’est l’impression qui ressort de la lecture des statistiques et des comptes-rendus de professions et d’ordinations qui s’enchaînent ces derniers temps. De fait, depuis les deux premières en 1999 nous sommes arrivés à la treizième ordination sacerdotale cette année. Il convient néanmoins de pondérer ces impressions, car la vieille garde parvient au terme de sa course. Deux Pères sont rentrés dans leur pays pour ne pas être un poids, un autre pourrait suivre leur exemple. Il y a actuellement 7 aînés de plus de 70 ans, dont un, malade, de 87 ans.

Grâce aux jeunes, le Bétharram thaïlandais connaît un regain de vitalité. Dans la perspective de la régionalisation, la mission a été répartie sur trois communautés : celle de Chiang Maï, qui comprend Chiang Maï, Maepon, Huay Tong et Maetawar ; celle du Mékong avec Huay Bong, Ban Pong et Phayai ; celle de Sampran, composée des formateurs et des scolastiques. Vu l’importance des jeunes éléments (les 2/3 des religieux, sans compter les étudiants), il est difficile de prévoir l’avenir. La vie est mouvement, croissance, transformation perpétuelle. Il faut donc laisser le champ libre à l’espérance.

Comment Bétharram est-il perçu par l’Église locale? et par la société ?

Je crois que Bétharram est bien vu et estimé en raison de ses traits propres: une vie humble, au contact des pauvres, la disponibilité à aller là où d’autres n’envisageraient pas de se rendre. Dernier exemple en date: la fondation de Maetawar. Bétharram est estimé aussi pour le signe qu’il représente au sein d’une société chrétienne thaï marquée par la grandeur des institutions éducatives et hospitalières. L’Église catholique est symbole de richesse et de pouvoir, même si après elle fait de la bienfaisance: j’ai, donc je donne. Dans la société thaï, notre Congrégagtion est un grain de poussière, mais qui entre en contact avec elle lui voue estime et respect.

La Congrégation est-elle econnue légalement? En quoi est-ce important?

Bétharram n’a pas d’existence légale, sinon comme activité de l’Église catholique. On est en train de faire des démarches en vue de créer une Fondation, surtout pour protéger l’œuvre de Ban Pong. Les autres œuvres sont couvertes indirectement par la Fondation Église catholique de Thaïlande: tant la résidence de Chiang Maï que le nouveau Séminaire de Sampran sont bâtis sur des terrains qui appartiennent légalement à Église catholique, ce qui est une sécurité du point de vue administratif et légal. Pour notre Fondation propre, nous espérons aboutir d’ici la fin de l’année.

Quels sont les principaux défis du point de vue pastoral, religieux, économique ?

Les défis sont ceux du monde moderne, où tout est remis en question. Autrefois, le monde des minorités ethniques où nous œuvrons, formait une société simple, réceptive. Ce que disait le Père était parole d’Évangile. Il n’en va plus ainsi aujourd’hui. Les jeunes font des études, et sont facilement influencés par les nouveaux moyens de communication. Les vérités que font miroiter les médiasattirent plus que la Vérité mystérieuse et cachée.

Du point de vue économique,nous avons toujours vécu en faisant totale confiance à la Providence. Déçus ? Non. Préoccupés ? Parfois oui : sans revenus réguliers, il est difficile de s’en sortir dans la société actuelle. On pourrait envisager d’ouvrir une école. Mais l’enseignement privé catholique regarde l’avenir avec appréhension: chute des naissances, développement des écoles gouvernementales… Ce n’est pas le moment de suivre ce chemin. Un autre, alors ? Difficile de répondre.

Dans une vice-province en expansion, comment mettre au point et financer projets et activités ?

La Mission consiste à vivre auprès des gens, à se plonger dans leur façon de vivre simple et humble, non à faire les choses à leur place ou à les porter dans les bras : j’ai… je te donne. Autrefois, faire la mission ne demandait pas de grandes ressources. Avec le Séminaire et les centres de formation pour jeunes, les choses ont changé. Personnellement, si j’ai pu créer l’œuvre de Ban Pong (Maesai), c’est grâce à l’aide de tas de personnes, des gouttes d’eau qui ont donné naissance à une source à débit continu, mais tout juste suffisant. Un projet éducatif ou de développement peut recevoir le soutien de qui se défie voire s’oppose à la religion, en particulier catholique. C’est différent avec le Séminaire. Si nous l’avons construit, c’est grâce aux offrandes venues d’un peu partout, et il reste encore des millions de baths à trouver. Mieux : nous avons fini de payer en faisant des emprunts, avec l’engagement de les rembourser. D’une façon ou d’une autre, la construction sera payée.

Mais on n’en finit jamais avec les frais de formation des séminaristes, ils tendent même à augmenter. Pensez que, bien qu’en vivant sobrement, avec le strict nécessaire, les coûts de formation s’élèvent à plus de trois millions de baths par an. D’où l’importance de porter à la connais-sance du plus grand nombre ce qui se passe en Thaïlande: une Vice-Province qui n’a pas d’entrées régulières, seulement des dons, par nature aléatoires, et des dépenses énormes pour une entité comme la nôtre. Et pourtant, malgré tout, en avant toujours! Si une porte se ferme, Dieu nous ouvrira une fenêtre. Si ce que nous avons essayé de faire est la volonté de Dieu, il nous donnera les moyens de le conduire à son terme. Une chose très importante: que l’esprit de Bétharram ne se perde pas


In memoriam province du RIo de la Plata

nef-080910.jpg P. Ceferino Arce,SCJ
1er septembre1917 - 11 juillet 2008
Ce n’est qu’un au-revoir

Dans sa tendresse le bon Dieu a interrompu son rêve paisible et l’a doucement caressé. Familier du mystère, Le 11 juillet dernier, le P. Arce a essayé de se mettre debout: les yeux grand ouverts, dans un sourire, il a prononcé une fois de plus son me voici, et il s’en est allé. Enfin totalement libéré, comme l’aigle échappé au piège, il prit son essor vers le mystère fascinant du Père, mystère qu’il a vécu sans cesse et n’a cessé de transmettre avec son cœur d’enfant, un cœur grand, souriant, généreux. C’était le vendredi 11 juillet 2008 à 17h35.

Me voici, Seigneur, pour faire ta volonté!

Le Père Ceferino Arce a vu le jour dans un foyer très chrétien d’Ameghino, ville de l’ouest de la Province de Buenos Aires, le 1er septiembre 1917. Ses parents, Pedro Celestino et Maria Baroque, élevèrent une famille nombreuse: Ceferino est le Second d’une fratrie de 10. Baptisé à la paroisse Saint-Jean-Baptiste de sa ville natale, dès la prime enfance, il apprit à écouter la voix du Seigneur. Il fit sa première communion et reçut la confirmation dans cette même église où il servit comme enfant de chœur.

Mais son coeur désirait plus. Le passage de Pères de Bétharram dans sa paroisse éveilla en lui la vocation missionnaire. Le me voici spontané et généreux d’un cœur d’un enfant Cela le conduisit à l’Apostolicat du Sacré Coeur de Barracas. Il avait 14 ans.

Sans réserve, pour toujours, et sans marche arrière!

En 1939, frais émoulu du collège de Barracas, il fit partie du premier noviciat à d’Adrogué. L’année d’après il y où il prononça ses premiers vœux, qui devinrent définitifs. Puis Au début de la 2e guerre mondiale, il gagna la Terre Sainte pour continuer sa formation bétharramite et ses études ecclésiastiques : c’est à Jérusalem qu’il reçut l’onction sacerdotale le 18 décembre 1943.

Par amour plus que pour tout autre motif

Son retour en Argentine, en pleine guerre, fut une véritable odyssée, semée d’aventures, racontées mille fois avec toujours de nouveaux détails… bien sûr totalement véridiques !

En mars 1945, il commença  son ministère au service de l’éducation, au collège San José de Buenos Aires. Il enseigna l’histoire, la géographie, le français et la religion. A Bariloche, pendant l’été 1950, il est transféré apprit son transfert à la communauté de Barracas où il arriva, toujours disponible et souriant, il arriva dans le quartier de Barracas. Son zèle infatigable le conduisit à faire de tout : vicaire paroissial, de 1950 à 1991, avec les PP. Juan Capblanq et Eugenio Amitrano comme curés ; en 1951, il prend la charge de directeur de l’école, alors seulement primaire, sous le regard bienveillant et expérimenté du P. Théodore Fourcade, patriarche en ces lieux ; en 1958, noces d’or de l’école, il créa les cours du soir au profit des adolescents et des adultes au travail. En 1972, il prit la direction du secondaire que la Congrégation était sur le point de fermer. Avec l’audace qui le caractérisait, il a renversé la situation en ouvrant une filière de bac professionnel et en obtenant de l’archevêché d’être le premier collège catholique mixte de la ville s’est évertué à lui offrir le meilleur : il l’inscrivit au « projet 13 », plan d’études à orientations commerciales, avec des ateliers  a contra turno, délivrant le titre de bachelier professionnel ; avec le P. Eugenio Amitrano, ils obtinrent de l’archevêché de Buenos Aires que le Sacré Cœur soit le premier collège catholique mixte de Buenos Aires ; face à l’augmentation des demandes d’inscription, il fit face à la nécessité d’agrandir le bâtiment et aménager de nouvelles classes. Pour ce faire, il créa des niveaux intermédiaires et ferma la cinéma Lux de l’étage supérieur ; il couvrit la cour intérieure pour créer un espace sûr de récréation des petits et des grands, et en vue des fêtes, célébrations et événements scolaires ; le collège fut réputé pour son chœur dirigé par le Maître Mario Magnaric et pour son atelier théâtral, animé par le professeur Graciela Aristei et favorablement accueilli par le public.

Prendre d’assaut ce que les autres refusent

D’un zèle inquiet et ardent, malgré ses multiples occupations et ses longues journées, le P. Arce trouvait le temps d’accompagner des jeunes, petits et grands, bien-portants et malades, catholiques ou non, et de se faire proche d’eux, en s’impliquant dans leurs problèmes.

Il n’est de maison de Barracas qui n’ait reçu le Père Arce : que de bénédictions, de visites aux malades, de célébrations… Avec les catéchistes Visita Gomez et Rosita de Guillemi, il fut l’un des pionniers du travail social à la villa 21, d’où proviennent (aujourd’hui encore) beaucoup d’élèves de l’Ecole. Les anciens – aujourd’hui comme hier souvent oubliés et isolés – aussi ont bénéficié de sa sollicitude : dans son école, il leur réserva des lieux pour la rencontre et pour les jeux de société ou de boules, dans le jardin. Il eut aussi un soin particulier pour la jeunesse en aménageant des espaces de loisirs et de détente pour les jeunes du quartier. Il fut assistant du Mouvement familial chrétien avec ses grands amis, le Docteur Guillemi et son épouse. Il aimait les enfants et les jeunes et veilla jusqu’au bout à leur transmettre sa joie et sa bonne humeur dans le cadre d’une formation plus saine, plus proche, accessible, attentive à la santé physique et spirituelle de chacun. Il fut Aumônier du groupe scout n°7 Sacré Cœur, fondé par le vénéré Père Boué dans la paroisse en 1938. Il a assimilé toute la richesse du mouvement, sa mystique très évangélique, très bétharramite, de service, de disponibilité : toujours prêt, qui revient à dire me voici. Il a fait sienne cette pédagogie ingénieuse de l’éducation de l’enfant par l’enfant, du jeune par le jeune, du plus petit par le plus grand, du grand comme protecteur du petit. En 1958, il  fonda la communauté Guides n°8 Sacré Cœur pour transmettre aux filles le même esprit et la même discipline.

Parmi ses Scouts et ses Guides, il s’est distingué dans le service des enfants et des jeunes : Toujours en mouvement, généreux, aimant chanter, prier, prompt au sacrifice et à la plaisanterie, le P. Arce accompagna partout ses jeunes aux réunions de Conseil, rencontres, cours, veillées d’armes, promesses, camps, arborant avec fierté et simplicité ses insignes et distinctions.

Obéissant sans conditions

Il quitta son cher Barracas en 1992. Avec une aisance toute bétharramite il passa par diverses résidences : Adrogué, l’église San Juan Bautista, le collège de la Plata… s’adonnant aux confessions messes, accompagnement des malades, et toujours entouré d’amis, tels M. Hugolino qui imprimait pour lui à San Juan la feuille mensuelle La voix qui crie dans le désert, ou cet habitant d’Adrogué qui assurait que « le P. Arce aura toujours à ses côtés quelqu’un qui l’aime ». Et ce fut vrai jusqu’à la fin !

De La Plata il fut rappelé à son cher Barracas, à la demande des dirigeants scouts dont il accompagnait les camps chaque été. Déjà malade, ses souffrances lui donnaient conscience de ses limites, de la vulnérabilité de notre condition.  Il les assumait avec bonne humeur : son médecin lui avait diagnostiqué une hypertrophie cardiaque ; le P. Arce commenta d’un sourire : Maintenant, c’est un défaut d’avoir un grand cœur !

Petit, content, constant

Le Bon Dieu le conduisait sur le chemin de croix de son Fils. Le P. Arce s’y livra avec simplicité, humilité, totale disponibilité, toujours fervent pour la prière, la communion, le sacrement des malades. On ne l’entendit jamais se plaindre, ni de ses douleurs ni de personne ! Son grand cœur ne gardait aucune trace de ressentiments – même quand il subit des agressions ou des humiliations publiques, il ne disait jamais du mal des absents, il ne s’est jamais complu dans la critique… Au contraire, il voyait toujours le positif et ne manquait pas une occasion de le faire remarquer.

Il savait goûter les petits plaisirs de la vie : même malade, il savourait un bon plat, un verre de bon vin, un bon whisky ou un cognac, un peu de confiture de lait, des chocolats. Je ne devrais pas en prendre, mais pour une fois ! Il était passablement gourmand.

Les atteintes de l’âge le crucifiaient : elles réduisaient son autonomie, sa mémoire, son élocution… mais ne l’empêchaient pas de communiquer.

Il était toujours prêt à concélébrer, à communier en chaise roulante, tandis que les fidèles qui le voyaient passer le caressaient, l’embrassaient jusqu’à ce dimanche 6 juillet, 61e anniversaire de la canonisation de saint Michel Garicoïts.

La nuit du 10 juillet il fut hospitalisé pour obstruction intestinale : impossible d’opérer en raison de son état de santé. A 13h30 le lendemain, ayant reçu les derniers sacrements, il s’endormit paisiblement.

Tout près du feu !

Les adieux furent simples, pleins de larmes, de ferveur et de remerciements. Ses chers Scouts et Guides, les anciens élèves et leurs familles, beaucoup d’amis, tous défilèrent avec émotion devant son cercueil.

Quelques uns de ses frères de sang : Sr Teresa, Fille de la Croix, Marta, Juan et Ramon Arce, beaucoup de neveux et de parents étaient présents. Ils rappelaient des anecdotes du Père, frère, oncle… toujours proche, toujours prêt à les marier ou à leur faire faire la première communion, à leur rendre visite, à donner son affection.

L’Eucharistie, présidée par Mgr Poli, Vicaire de la zone Flores et aumônier national scout, et concélébrée par le R.P. Enrique Miranda, Provincial de Bétharram et le P. José Maria di Paola, doyen de Boca Barracasa et curé de Notre-Dame de Caacupé, et plusieurs religieux, nous a rassemblées dans la mémoire du Seigneur.

A l’autel même où le P. Arce annonça et offrit pendant tant d’années le Ressuscité, le Prêtre éternel nous ouvrit ses mystères pour conforter son peuple dans l’espérance de la Vie éternelle et nous donna son Corps et son Sang, force vitale, aliment savoureux de tout pèlerin de la foi.

Pour ses obsèques, le chant entonné tant de fois par le Père Arce l’accompagna jusqu’au "campement où le Seigneur a planté sa tente et la nôtre":

Ce n’est qu’un au-revoir,
ce n’est qu’un bref adieu!
Tout près du feu
le Seigneur nous rassemblera.

Francisco Daleoso,SCJ

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nef-080912.jpgLe Pére Etrchécopar et l'approbation de la Société du Sacré Coeur de Jésus

UNE ACTIVITÉ DÉBORDANTE

Après cette brève éclipse, l’activité du T.R.P. Etchécopar éclate en plein jour ; elle est si débordante qu’elle pousse jusqu’à Rome. Au lendemain de l’intervention divine qui le comble, apparaît plus que jamais l’homme de Dieu.

Devant l’assemblée générale réunie par ses soins le 18 août 1875 pour prendre connaissance de l’approbation romaine, au début de la première séance, il prend la parole et c’est d’abord pour inviter la communauté à bénir le Seigneur. Aussitôt que le Père Bérilhe commence, tous se lèvent pour écouter avec recueillement la lecture du décret de Pie IX, qui place Bétharram sous l’autorité du Saint-Siège.

Quand le lecteur finit, le Père Estrate y ajoute le récit de son heureux voyage à Rome. Le T.R.P. ne l’interrompt que pour exprimer le devoir de gratitude que chacun doit à Dieu et à ses instruments : sœur Marie de Jésus Crucifié, Mgr Lacroix, Mlle Dartigaux et le Père Bianchi. Alors avec émotion et gravité, comme devant une relique, il prend dans ses mains et les présente à l’assemblée les Constitutions romaines. Elles venaient d’arriver au matin même de ce mercredi 18 août 1875. C’était un rouleau encore cacheté, tel qu’il était parti du Vatican ; avant de l’ouvrir, il demande qu’on veuille l’entendre sans rien dire, réservant  plus tard les remarques ou observations à faire.

Quand le texte s’achève, le T.R.P. en tire cette conclusion : « Le meilleur moyen de reconnaître la bonté visible de Dieu à notre égard dans toute cette affaire et d’adhérer purement et simplement à ce qui nous est proposé par Rome, est d’accepter toutes les modifications faites à notre premier travail, et de se mettre tout de suite et résolument à la pratique de ces Règles. »

Après ces paroles, de discussion, comme avant la séance certains l’avaient souhaité, il n’y en eut pas, l’assemblée n’en voulut point. Ces Constitutions furent votées à l’unanimité moins un bulletin blanc. Après ce scrutin, les capitulants se sont levés comme un seul homme ; et le Deo gratias, lancé par le T.R.P. est repris par tous dans un grand cri d’acclamation. Avec empressement, chacun s’est dirigé vers le sanctuaire de Notre-Dame pour y chanter la joie comme un tonnerre dans un Te Deum d’action de grâces.

Comme l’a remarqué un bon témoin, le Père Pagadoy, « chose étonnante, après douze années de tiraillements, de discussions et de souffrances, Bétharram est dans l’allégresse. Tous sont heureux d’être désormais à l’abri des fluctuations et, sur le rocher de Pierre, de retrouver l’héritage et la doctrine de leur bienheureux Père. »

Pierre Miéyaa,SCJ (1901-1981)

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